Jacob Pascual Pape d’Universal Robots : “Le cobot crée de nouveaux usages dans l’industrie”

Rédigé par  vendredi, 01 juillet 2016 17:07

Apparus au tournant des années 2010, les cobots ou robots collaboratifs donnent un coup de jeune à la robotique industrielle. Mais pour Jacob Pascual Pape, directeur général d’Universal Robots pour l’Europe du Sud, que nous avons rencontré récemment, la cobotique n’a pas vocation à remplacer la robotique traditionnelle, mais plutôt à ouvrir la voie à de nouveaux usages.

Mesures - Quelle est votre définition du cobot ?

Jacob Pascual Pape - Le cobot est un robot collaboratif qui peut travailler sans barrière de sécurité – après analyse des risques de l’application pour laquelle il est utilisé – à proximité d’un opérateur, sans danger pour ce dernier. La notion de cobotique ne se réfère pas uniquement au fait de pouvoir faire fonctionner un robot sans barrière de sécurité, mais également à la manière dont le robot collabore avec l’humain et à la facilité avec laquelle cette collaboration peut être mise en place et utilisée, bien que tous les cobots du marché ne soient pas forcément faciles d’utilisation, tant s’en faut. Une définition souvent donnée consiste à dire que le cobot joue un rôle d’assistant auprès de l’opérateur pour effectuer certaines tâches répétitives.

Mesures - Le cobot casse l’image traditionnelle du robot industriel, imposant, fixe, cher et difficile à programmer. Lorsqu’Universal Robots a lancé son premier cobot en 2009, vous faisiez figure de précurseur. Expliquez-nous votre stratégie.

Jacob Pascual Pape - Universal Robots a été un pionnier dans ce domaine en étant la première société à lancer des cobots à la fois performants et à des coûts raisonnables. Le but était de répondre à une lacune du marché qui ne proposait à l’époque aucun robot réellement collaboratif qui soit sûr, compact, léger (donc mobile), facile à programmer et à utiliser, et bon marché alors que la demande pour ce type de machines commençait à poindre. Nous avons donc mis toute notre compétence pour développer des robots regroupant toutes ces caractéristiques en même temps et présentant un retour sur investissement typiquement inférieur à un an, ce qui est très court par rapport à l’échelle des temps généralement employée dans le secteur de la robotique industrielle traditionnelle. C’est cette combinaison d’éléments qui permet de démocratiser la robotique dans les entreprises de toutes tailles. D’ailleurs, nos clients sont aussi bien des grands groupes que des PME de quelques employés. Aujourd’hui, plus de 8000 de nos robots des séries UR sont en fonctionnement à travers le monde dans de réelles applications industrielles.

Mesures - Pour travailler sans barrière de sécurité et réduire les conséquences d’éventuels contacts avec un opérateur, les cobots doivent être légers, manipuler de faibles charges et faire des mouvements assez lents. Cela ne limite-t-il pas trop leurs débouchés?

Jacob Pascual Pape - Il est bien évident qu’en termes de charges manipulables, par exemple, les cobots ne peuvent rivaliser avec les gros robots industriels. Les cobots travaillent généralement avec des charges allant de quelques centaines de grammes à quelques kilogrammes (la série UR10 d’Universal Robots travaille avec des charges pouvant atteindre 10kg) alors qu’un robot industriel «gros porteur» pourra s’accommoder de charges de plusieurs centaines de kilos. Mais ceci est un faux problème car les cobots ne sont pas là pour remplacer les gros robots industriels: ils n’effectuent pas du tout les mêmes tâches. Comme je l’ai dit au début de notre entretien, le robot industriel traditionnel reste confiné à l’intérieur de son enceinte sécurisée, loin de toute activité humaine, alors que le cobot et l’opérateur vont travailler ensemble, parfois sur un même poste de travail, presque main dans la main, si j’ose dire. De ce fait, le cobot répond à de nouveaux besoins et de nouveaux usages dans d’innombrables applications telles que l’automobile, l’agroalimentaire, l’électronique, l’ingénierie, l’industrie chimique, pharmaceutique, la recherche, etc. Par ailleurs, nous nous efforçons de concevoir des robots légers et peu encombrants, ce qui permet de déplacer le robot là où le besoin existe, n’importe où dans l’usine, ce qui est complètement nouveau en robotique industrielle. De plus, leur programmation est très aisée, à la portée de n’importe quel opérateur, même s’il n’est pas spécialiste en robotique.


Mesures - Le cobot peut-il s’employer sans précaution?

Jacob Pascual Pape - Non. Le cobot est régi par des normes, notamment en matière de sécurité, mais même si un cobot est «intrinsèquement sûr» et est limité en termes de charge manipulable, ce n’est pas pour autant que l’application sera sûre. Vous aurez beau utiliser un cobot répondant à toutes les normes de sécurité possibles et imaginables, s’il manipule des objets tranchants, il sera dangereux pour un opérateur travaillant à proximité. Comme pour toute application robotique, il faut donc impérativement procéder à une analyse des risques de l’application à laquelle le cobot est dédié. Et c’est cette analyse qui déterminera si le cobot peut être utilisé avec ou sans barrière de protection.

Propos recueillis par Pascal Coutance

Dernière modification le vendredi, 01 juillet 2016 17:23
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