Enorme “coup” de Schneider Electric aux Etats-Unis, qui rachète APC pour 6 milliards de dollars

Le 30/10/2006 à 0:00  
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Dernièrement, Jean-Pascal Tricoire, Président du Directoire de Schneider Electic, laissait entendre que le groupe allait faire d’autres acquisitions cette année, n’ayant dépensé “que” 870 M€ sur l’enveloppe de 2 milliards d’euros prévue. Rien ne laissait donc présager un rachat d'une aussi grande envergure que celui qui vient d’être annoncé ce lundi : le groupe a proposé de payer 6,1 milliards de dollars pour prendre le contrôle de la société américaine American Power Conversion (APC). Le conseil d’administration de APC s’est empressé d’approuver cette offre.
APC est un constructeur majeur d’onduleurs pour ordinateurs mais il fabrique également des alimentations électriques d’équipement, des systèmes de protection contre la foudre et des armoires électriques. Il emploie 7.600 personnes pour un chiffre d’affaires de 2 milliards de dollars et réalise 52 % de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis, 30 % en Europe et 18 % en Asie.
Au sein de Schneider Electric, APC trouvera une société sœur aux activités très similaires : MGE UPS Systems. Ces activités sont par ailleurs très complémentaires des activités de distribution électrique (Merlin Gerin) du groupe, un secteur où il est le numéro un mondial. Schneider Electric vise plus particulièrement les applications exigeant une alimentation électrique sécurisée, notamment dans les industries sensibles (semi-conducteurs par exemple), les centres informatiques et télécoms. La demande devrait fortement se développer ces prochaines années, d’autant que les experts s’accordent pour dire qu’il y aura plus de pannes électriques que par le passé…
Le rachat de APC se fera en partie par augmentation de capital (1,2 milliard de dollars), le reste par endettement.
Cette opération amène à se poser des questions. Tout d’abord, il s’agit d’un très gros morceau, qui sera peut-être dur à avaler pour Schneider Electric (qui fait 11,7 milliards d’euros de chiffres d’affaires) et lui laissera peut-être moins de latitudes pour poursuivre sa politique de rachats ciblés dans l’ultraterminal, la distribution électrique et les automatismes industriels. Ensuite, le prix payé est jugé élevé, s’agissant d’une entreprise qui n’est pas sur un marché spécialement “high tech”. Il est d’autant plus élevé que la société a vu sa rentabilité se dégrader dernièrement, à cause des investissements qu’elle a dû consentir pour être présente sur le marché des alimentations de fortes puissances. “Grâce à l’expérience acquise avec MGE UPS Systems, Schneider Electric est très confiant dans sa capacité à redresser rapidement cette rentabilité”, indique le groupe dans un communiqué. Ce lundi, la forte chute de l’action de Schneider Electric traduit les doutes de la Bourse. Jean-Pascal Tricoire, qui avait déclaré voilà quelques semaines dans les Echos que le titre de Schneider Electric était sous évalué, devra sans doute faire preuve de beaucoup de pédagogie pour convaincre les investisseurs. (Octobre 2006)

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