Le sans-fil prend son envol… lentement

Le 09/05/2016 à 0:00  

H En seulement une dizaine d'années, les sondes de température, les transmetteurs de niveau et autres instruments de process sans fil ont réussi à se faire une place sur un marché conservateur. Les efforts en termes de promotion et de développement de la part de fabricants tels qu'Emerson Process Management, ou plus récemment Honeywell et Yokogawa, n'y sont pas étrangers. Tout comme la standardisation des protocoles WirelessHart et ISA100.11a. À se rappeler des présentations dithyrambiques de l'époque, l'instrumentation de process sans fil allait vite devenir une solution incontournable… La situation est aujourd'hui beaucoup plus nuancée: un certain nombre d'industriels se sont convertis au sans-fil, mais surtout pour les grands parcs de réservoirs ou les machines tournantes.

Une dizaine d'années «seulement » après leur première apparition dans le catalogue de quelques fabricants, les instruments de process sans fil se sont faits une place dans le catalogue de la majorité des fabricants, ainsi que dans les parcs de réservoirs et autres sites isolés.

E ntre les infrastructures réseaux, les équipements informatiques mobiles, les concepts d'usine du futur (ou Industrie 4.0), etc., les technologies sans fil ont aujourd'hui envahi les usines et les installations industrielles. Jusqu'au niveau du terrain d'ailleurs, à savoir les transmetteurs et autres instrument de process. Il n'y a d'ailleurs pas un nouveau capteur de température ou un nouveau transmetteur de niveau pour lequel son fabricant ne met pas en avant la disponibilité d'une interface WirelessHart ou ISA100.11a, voire une autre interface comme le nouveau transmetteur de pression Bluetooth iDucer de l'américain GP: 50 ou les convertisseurs de mesure Wtrans B de l'allemand Jumo, par exemple. C'est ainsi qu'une dizaine d'années « seulement » après leur première apparition dans le catalogue de quelques fabricants, les instruments de process sans fil se sont faits une place dans le catalogue de la majorité des fabricants. Aidés en cela par les efforts importants en termes de développement et de promotion de la part d'Emerson Process Management en faveur duWirelessHart - les personnes ayant eu l'opportunité de participer mi-avril 2016, à Bruxelles (Belgique), à l'Emerson Global Users Exchange du fabricant américain ont pu voir une foultitude d'antennes se dresser dans la zone d'exposition - , ainsi qu'à la standardisation duWirelessHart et de l'ISA100.11a. À entendre les premières présentations de l'époque sur la technologie WirelessHart, d'aucuns auraient pu penser avoir trouvé, avec le sans-fil, la solution idéale pour leurs mesures dans les procédés industriels. Mais, avec le recul et les différents retours d'expérience, la situation est aujourd'hui bien différente.

« Quand on parle de transmetteurs sans fil,que ce soit WirelessHart ou un autre protocole, il s'agit d'une technologie radio mise en œuvre en tant que support de communication, sur lequel on véhicule le protocole Hart,dans le cas du WirelessHart, pour configurer un appareil par exemple », rappelle Éric Miegeville, chef de produit Life Cycle Management chez Endress+Hauser France. Les données et informations issues des transmetteurs sont ainsi centralisées en un point unique, bien souvent une passerelle de communication ( gateway ), pour ensuite être renvoyées vers une salle de contrôle, un système de contrôle-commande, etc., via une liaison série, Ethernet ou un bus de terrain.

Les retours d'expérience ont montré que les machines tournantes représentent l'autre grande catégorie d'applications pour les mesures de process sans fil. Mais on retrouve aussi les mesures temporaires, ponctuelles et/ou additionnelles, ainsi que les mesures liées au CHSCT et à la sécurité.

Le fait de s'affranchir des «fils» apporte évidemment une plus grande flexibilité que les réseaux câblés, et ouvre donc des possibilités que l'on imagine très facilement. « Les techniciens de terrain, qui sont les utilisateurs en première ligne, voient l'intérêt de ramener des informations sans devoir creuser des centaines de mètres de tran-chées.Voire même de pouvoir rapatrier des informations intéressantes, mais jusque-là délaissées car trop coûteuses à mettre en œuvre en filaire », explique Frédéric Gerber, responsable produit Pression et Température chezYokogawa France. « Il s'agit de rendre communicants des capteurs distants, sans le coût du coup de pelleteuse ! », renchérit Alain Coville, responsable Industrie Eaux et Déchets chez Phoenix Contact France. Alain Pierre, en charge du marketing commercial chez Pepperl+Fuchs France, va même plus loin: « Réinvestir pour tirer des câbles supplémentaires entre des équipements éloignés les uns des autres pose problème lorsque cela n'a pas été prévu dès l'origine. Le sans-fil est donc une solution ingénieuse et jolie,d'autant plus que les industriels recherchent aussi des solutions aux applications pour lesquelles ils n'ont pas de réponse . » Pour Ronan Brémont, responsable produits Automatismes chez Phoenix Contact France, « les personnels n'ont aujourd'hui plus le temps de se déplacer jusqu'à tous les équipements de process.Ils privilégient ainsi les solutions permettant de ramener et de centraliser en un point (la salle de contrôle) toutes les informations. » Au lieu de devoir prendre leur vélo pour parcourir leur site industriel par tous les temps, par exemple.

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