Siemens dit (définitivement) non à FDT/DTM

Le 03/11/2005 à 0:00  
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Dans le domaine de l'instrumentation de process, la bataille que se livrent les standards FDT/DTM et DD (alias EDDL) vient de prendre une nouvelle dimension : Siemens vient en effet d’annoncer qu’il ne soutiendrait pas le standard FDT/DTM.
FDT/DTM est notamment défendu par Endress+Hauser, ABB, Foxboro et quelques autres. Le choix de DD fait par Siemens renforce la position d'Emerson Process Management, le leader en instrumentation de process…
Rappelons que ces standards sont destinés à exploiter les très nombreuses informations contenues désormais dans les instruments numériques de process (réglages des échelles de mesure des capteurs ou des courses des vannes, accès aux informations de prétraitement effectués localement, procédures d’étalonnage, informations de diagnostic, etc.).
La clarification tant attendue de Siemens est venue de Anton Huber, membre de la direction Automation & Drives, qui englobe aussi bien la partie systèmes de contrôle-commande que la partie capteurs de process. Jusqu’ici, Siemens proposait des capteurs conformes au standard DD (Device Description) mais ce choix n’avait pas grande valeur d’engagement pour l’avenir. En effet, DD est associé au standard Hart que l’on trouve sur les capteurs 4-20 mA et qui permet de superposer des informations numériques (de paramétrage d’échelle, de diagnostic) sur le signal de mesure analogique 4-20 mA. Hart (et donc DD) équipe 14 millions de capteurs dans le monde.
Le véritable enjeu, c’est le standard qui sera adopté pour les capteurs totalement numériques pour bus de terrain. FDT/DTM (Field Device Tool/Device Type Manager) a été créé sous l’égide de l’association Profibus, et comme Siemens est le principal acteur du bus de terrain Profibus, on pouvait penser que la société allemande soutiendrait FDT/DTM. Mais ce ne sera pas le cas : Siemens estime en effet que des problèmes de compatibilité et la nécessité d’intégrer les évolutions à venir de FDT/DTM allaient se traduire par des coûts pour l’utilisateur final. De plus, ajoute Siemens, il y aura autant de versions FDT/DTM qu’il y aura de systèmes d’exploitation (aujourd’hui, Windows fait l’unanimité, mais demain il y aura sans doute Linux), ce qui va aggraver la situation. Et au bout du compte, malgré toutes ces complications, conclut M. Huber, "FDT/DTM n’apporte rien par rapport à DD. C’est la raison pour laquelle Siemens supportera activement DD, ou plus précisément EDDL (Electronic Device Description Language)". EDDL vient d’être normalisé par la CEI et une évolution importante est en préparation : celle-ci proposera un canevas de présentation standard pour les logiciels d’exploitation des informations fournies par les instruments de process.
Même si jusqu’ici, Siemens n’avait pas affiché un enthousiasme débordant pour FDT/DTM, la position officielle du groupe allemand est un coup dur pour le camp FDT/DTM. Il brise aussi l’univers bipolaire des capteurs de process numériques, jusqu’ici scindé en partisans du bus de terrain Profibus PA d’un côté, et Fieldbus Foundation (FF) de l’autre. Foxboro (surtout concerné par FF), Endress+Hauser (très impliqué dans Profibus PA) soutiennent FDT/DTM tandis que Emerson Process Management (supporter de FF) et désormais Siemens (acteur principal de Profibus) s’engagent dans EDDL. Reste maintenant aux acteurs de EDDL à finaliser les travaux de normalisation en cours.
(Septembre 2004)

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