Quelle Méthode Choisir ?

Le 01/03/2013 à 14:00  

L'essentiel

Le contrôle de serrage est un domaine très technique dans lequel on retrouve plusieurs procédés de mesure très différents.

Certains s'intéressent aux efforts appliqués, d'autres à la tension effectivement induite au niveau des vis.

Le choix de la méthode la plus adaptée dépend du niveau de précision attendu, des cadences de la mesure, ainsi que du type de contrôle que l'on souhaite effectuer.

La fiabilité des ensembles mécaniques repose bien souvent sur la maîtrise d'assemblages vissés. Mais comment s'assurer qu'une vis est bien serrée ? La question n'est pas si simple. Plusieurs paramètres, plus ou moins faciles à maîtriser, entrent en jeu durant l'opération de serrage: certains facteurs sont liés aux pièces assemblées et aux vis utilisées (états de surface, qualité du filetage, planéité, propreté, etc.), d'autres dépendent de l'environnement (humidité, température, etc.), d'autres encore sont dus au procédé de vissage (lubrification, positionnement de la vis, etc.). Pendant plusieurs décennies, une méthode a largement dominé les autres: la mesure de l'effort appliqué lors du serrage. L'une des solutions les plus répandues consiste à mesurer le couple appliqué à l'aide de clés dynamométriques. Le procédé est simple, peu coûteux, et surtout très intuitif. Mais le résultat obtenu est entaché d'erreurs relativement importantes à cause des frottements qui s'exercent lors du serrage. D'un assemblage à un autre, l'application d'un même couple n'engendre pas forcément la même tension de serrage. « Il est possible d'appliquer un couple très élevé et d'obtenir une très faible tension dans la vis (s'il y a trop de grippage et de frottements). Et àl'in-verse, si la lubrification des pièces est importante, il est tout à fait possible d'obtenir un niveau d'effort élevé avec un très faible couple », résume BernardTollet, expert produit process assemblages vissés au Cetim (centre de Saint Etienne). Du fait que les frottements sous la tête de la vis et dans le filetage sont difficilement maîtrisables, la répétabilité n'est pas assurée. « Le couple appliqué part à 80 % dans les frottements, et à 20 % seulement dans la tension de serrage, souligne Michel Berbesson, directeur technique de la sociétéTraxx, spécialisée dans la mesure de la tension de serrage. Il suffit donc d'une variation d'à peine 10 % du coefficient de frottement pour obtenir une tension allant du simple au double ! ».

Le contrôle de la tension de serrage par ultrasons offre une meilleure précision que la traditionnelle mesure de l'effort appliqué.

Photos : Traxx

Pour pallier cet inconvénient, une variante de la méthode a été développée. « Le procédé consiste à réaliser une approche au couple afin de mettre tous les éléments de l'assemblage en position, puis à réaliser un serrage angulaire. Du fait qu'elle s'affranchit des problèmes de frottement, cette méthode offre une meilleure précision que le serrage au couple », explique Patrick Beltramini, responsable aéronautique chez Stahlwille. La clé électronique Manoskop 714 que le fabricant allemand a récemment introduite, par exemple, claque automatiquement lorsque le couple ou l'angle de serrage est atteint. Le fait de disposer des deux valeurs (couple et angle) réduit les risques d'erreurs. « L'utilisateur peut croire qu'il a serré correctement une vis ou un écrou parce qu'il a atteint le bon couple de serrage, et se rendre compte, grâce à la valeur angulaire,que ce n'est pas le cas », poursuit Patrick Beltramini.

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