Un émulateur d’automates pour accélérer les tests

Le 23/01/2012 à 13:07  

Dans le processus de développement d’un système automatisé, la phase de tests constitue le plus souvent un goulot d’étranglement, car les testeurs doivent se partager la plate-forme matérielle. La jeune société Clonéo propose d’émuler le fonctionnement des automates dans une plate-forme virtuelle afin d’effectuer plusieurs tests en parallèle.

 

Depuis plusieurs années, le nombre de variables traitées par les systèmes automatisés augmente de manière exponentielle. A tel point que la phase de mise au point est devenue une des principales causes de retard dans les grands projets de contrôle-commande. Pour gérer cette complexité croissante, les industriels ont l’habitude de recourir à une plate-forme de test : ils créent une copie conforme du système en exploitation, avec ses contrôleurs, ses serveurs et ses postes opérateurs, afin de tester et de débugger les applications avant de les déployer. « Le problème est que ces plates-formes de tests coûtent très cher, et que les automates représentent à eux seuls près de deux tiers du prix d’achat. Partant de ce constat, nous avons souhaité émuler le fonctionnement des automates sur des PC commerces afin de réduire les coûts de ces plates-formes », explique Baptiste Escoffier, qui travaille pour Actemium Paris sur la maintenance informatique du tunnel de l’autoroute A86.
Pour mettre son idée en pratique, Baptiste Escoffier décide de fonder la société Clonéo avec son associé Renaud Giraud-Sauveur. « Nous avons commencé par développer un émulateur pour les automates GE Fanuc utilisés dans le projet du tunnel A86, indique ce dernier. Ensuite, de l’émulation à la virtualisation, il n’y avait qu’un pas que nous avons rapidement franchi. En effet, quand on porte un programme automate sur PC, on se rend compte que le PC est loin d’être exploité au maximum de ses capacités. D’où l’idée de faire tourner plusieurs émulateurs sur un même PC en créant autant de machines virtuelles que nécessaire. »


Eliminer les bugs au plus tôt

Outre la réduction des coûts, le fait de disposer d’une plate-forme de test virtuelle fait surtout gagner beaucoup de temps lors des tests. Car contrairement aux développeurs qui disposent chacun de leur propre machine, les ingénieurs chargés des tests d’intégration et de recettes doivent se partager l’unique plate-forme matérielle. « Ce qui fait cette phase de tests le goulot d’étranglement de la plupart des projets d’automatismes, poursuit Baptiste Escoffier. A l’inverse, avec une plate-forme virtuelle, tous les tests peuvent être effectués en parallèle. » Bien entendu, travailler sur un automate émulé ne pourra garantir un fonctionnement parfaitement identique au système réel. « L’objectif de la solution Clonéo n’est pas d’aller vers une simulation représentative à 100 %, mais plutôt d’offrir un environnement permettant de corriger rapidement un maximum de bugs, commente Renaud Giraud-Sauveur. Ainsi, on ne pourra pas optimiser certains aspects liés au déterminisme de l’application, par exemple, mais on pourra résoudre la plupart des défauts liés à la partie algorithmique. En évitant de monopoliser la plate-forme matérielle pour des problèmes simples, on la rend plus disponible pour les experts qui doivent en résoudre des plus complexes. »
Une fois la technologie au point, les deux associés ont décidé d’aller encore plus loin en proposant leur plate-forme par le biais d’un service de cloud computing. Désormais, pendant les phases de tests, les ingénieurs pourront démarrer autant de plates-formes virtuelles qu’ils souhaitent. Un service qui sera très utile pour les campagnes de formation des opérateurs : désormais, des dizaines de personnes pourront être formées simultanément, chacune d’entre elle disposant de son propre poste d’exploitation, et le tout sans risquer d’endommager la plate-forme matérielle.
Pour finir, après l’émulateur pour automates GE Fanuc, les deux associés travaillent actuellement sur un émulateur d’automates Siemens. L’équivalent pour les automates Schneider Electric devrait suivre dans un troisième temps.
Frédéric Parisot

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