L’analyseur identifie les charges et leur consommation

Le 14/05/2012 à 10:44  

Le système conçu par Qualisteo mesure et analyse la consommation électrique par type d’usage sans qu’il soit nécessaire de disposer d’un capteur pour chaque appareil à qualifier.

 

Plusieurs aspects distinguent la solution de mesure et d’analyse de consommations électriques de Qualisteo par rapport à celles que l’on rencontre sur le marché. Premièrement, elle a été conçue par une start-up française créée en décembre 2010 qui emploie aujourd’hui 20 personnes. Deuxièmement, elle est le fruit d’un travail initié en 2006 du laboratoire de recherche IM2NP des universités Aix-Marseille et Sud Toulon Var. Quatre docteurs ingénieurs y ont contribué et fait passer la technologie du laboratoire au stade industriel. Troisièmement, à partir d’un unique point de mesure, des techniques avancées de traitement du signal et de reconnaissance de formes assurent l’identification de la mise en marche, l’arrêt et le changement de régime des appareils en fonction de leur signature électrique. Enfin, son développement, depuis les premières expériences en laboratoire jusqu’au modèle industrialisé en passant par les prototypes, s’appuie sur des plates-formes standards de National Instruments et son environnement logiciel LabView : cartes PXI en phase d’expérimentation, modules d’acquisitions NI CompactDAQ et contrôleur avec entrées/sorties CompactRIO lors des premiers déploiements, et enfin la carte Single-Board RIO pour l’industrialisation. Les cartes NI Single-Board RIO visent le marché des OEM. Elles sont dotées de composants FPGA programmables sous Labview, d’un processeur temps réel ainsi que des entrées/sorties analogiques et numériques. « Nous venons d’intégrer la 2e génération de carte Single-Board RIO dont la consommation est réduite à 2 W contre 20 W précédemment et dont la puissance des FPGA a été dopée. Ce qui nous autorise le traitement de 128 voies contre 16 auparavant, explique Christophe Robillard, fondateur de Qualisteo. L’emploi d’un matériel standard de National Instruments procure l’avantage de s’appuyer sur leur force R&D pour le faire évoluer. C’est aussi un gage de qualité pour nos clients et nous pouvons nous concentrer sur notre savoir-faire ». A savoir, un traitement de signaux breveté qui décompose une courbe de charge en éléments simples (résistif, inductif, capacitif, etc.). Par exemple, lorsqu’une voie de mesure est connectée à un équipement tel qu’une chambre froide, l’appareil baptisé Lynx est capable de le décomposer en éléments simples et ainsi de visualiser leur consommation, leur facteur de puissance, etc. Après une phase d’apprentissage automatique, le logiciel embarqué identifie les éléments simples de signaux et en assure le suivi dans le temps. Il délivrera ainsi les statistiques de fonctionnement de chacun des composants : compresseurs, pompe de circulation de fluide, résistance de désembuage, etc. Lorsque plusieurs machines sont reliées à une même ligne d’alimentation ce système est même en mesure d’identifier chacune d’elle et leur usage. Autre possibilité : en équipant le disjoncteur général d’un bâtiment de cet instrument dont les capteurs de courant sont connectés sur le neutre, il est possible de surveiller les courants qui y circulent et de détecter quel appareil s’est mis en marche et a causé une fuite au neutre. « Ce qui évite une recherche fastidieuse par un technicien », observe Christophe Robillard.
Outre ces possibilités d’analyses sophistiquées, le Lynx réalise toute sorte de traitements sur les tensions et les courants propres à tout analyseur de réseaux électriques. Il se distingue toutefois par le nombre d’entrées dont il est doté (jusqu’à 128), sa vitesse d’échantillonnage (plusieurs kHz par voie) et sa capacité
d’enregistrement (disque dur de 250 Go qui assure plusieurs mois d’autonomie). Les données mesurées et traitées sont agrégées dans une base de données et visualisées localement ou à distance via Internet ou GSM. Une seule IHM de configuration et de traitement autorise l’affichage temps réel des données issues des capteurs, le calcul de la représentation mise en forme des signaux intégrés issus des capteurs. Via des web-services, ces données sont publiées sur différents écrans distants. Mais attention prévient Christophe Robillard : « Bien que le Lynx affiche une incertitude globale de 1 %, ce n’est pas un système de facturation mais un outil d’aide à la décision ». Vendue quelques milliers d’euros, cette solution, lauréate du concours des meilleures applications à NIDays 2012 dans la catégorie “acquisition/enregistrement de données” offrirait un temps de retour sur investissement d’environ deux ans.
Youssef Belgnaoui

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