Une mesure d’épaisseur à 80 points/seconde

Le 05/12/2011 à 10:45  

Roboplanet a développé un système de mesure d’épaisseur destiné à la détection de corrosion. Doté de 9 capteurs à ultrasons, il contrôle toute pièce ou structure métallique à la vitesse de 80 points/s. Les résultats s’affichent en temps réel.

 

Il suffit de déplacer un petit appareil de la taille d’un fer à repasser sur la surface à inspecter, et le tour est joué. Au cours de son trajet, le robot effectue jusqu’à 80 mesures d’épaisseur par seconde qui sont visualisées en temps réel sur l’écran d’un PC. Par rapport aux autres solutions du marché, habituellement basées sur un contrôle point à point, l’avantage est facile à comprendre : la mesure est plus simple, plus rapide et surtout beaucoup plus fiable. « Les opérateurs qui utilisent cette solution pour inspecter une coque en acier de 20 mètres de long ne font plus 500 points de mesure, mais entre 200 000 et 250 000 », souligne Jean-Marie Brussieux, gérant de la jeune société brestoise Roboplanet à l’origine du produit. Pour offrir une telle vitesse de mesure, le robot n’intègre non pas un, mais neuf capteurs à ultrasons, reliés à leur électronique. Aucune préparation de surface n’est nécessaire : le système est raccordé à une arrivée d’eau en continu qui joue le rôle de milieu couplant entre le capteur et la surface à analyser. Quant à la vitesse de déplacement, elle dépend du souhait de l’opérateur qui peut déplacer le robot plus ou moins vite (de 1 cm/s à 50 cm/s) en fonction de la précision de maillage qu’il recherche. Le robot est portable (il pèse moins de trois kilos), mais l’opérateur n’a pas à le soutenir. Le système de mesure est en effet équipé de roues et d’un système d’attache magnétique qui assure son adhérence à la surface. Il n’y a donc qu’à le “pousser” pour effectuer les mesures…

 

Une cartographie des zones corrodées

Destiné essentiellement à la détection de corrosion, le robot est utilisable sur tout type de surfaces métalliques (y compris s’il est nécessaire de traverser de fortes épaisseurs de peinture). Il peut même réaliser les mesures sous l’eau pendant une durée temporaire. L’outil est relié à un PC équipé d’un logiciel spécifique (développé également par Roboplanet). Ce dernier affiche en temps réel les cartographies complètes des zones inspectées de manière intuitive. « Il est possible par exemple d’afficher sous forme de points verts les endroits où la perte d’épaisseur est inférieure à 5 %, et de repérer par des points rouges les zones où elle est supérieure à une certaine valeur. L’opérateur visualise ainsi très rapidement les endroits les plus corrodés », poursuit Jean-Marie Brussieux.
Dans sa configuration standard, le robot mesure des épaisseurs comprises entre 4 et 20 millimètres, avec une précision d’un dixième de millimètre. Mais tout dépend des capteurs que l’on intègre. Il est possible en effet de choisir le capteur le plus adapté à l’application, et de le changer très facilement.
Les applications sont nombreuses. La technologie brevetée par Roboplanet est utilisable bien sûr pour l’inspection de coques de navires dans le domaine maritime, mais aussi dans le secteur industriel (détection de corrosion des cuves de stockage, surveillance d’équipements dans l’industrie nucléaire, etc.). Le robot est disponible à un prix compris entre 30 000 et 40 000 euros. Une version totalement automatisée devrait voir le jour d’ici peu.
Marie-Line Zani-Demange

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