« Il ne faut pas assimiler la fabrication additive à la contrefaçon »

Le 24/05/2019 à 15:00  

Mesures.L'année dernière,le Syndicat des machines et technologies de production (Symop) et la Fédération des industries mécaniques (FIM) ont été auditionnés par le Conseil d'État au sujet des risques de la fabrication additive au regard de la propriété intellectuelle. Pourquoi s'en inquiéter?

Nicolas Parascandolo. Car les machines de fabrication additive grand public, ou «imprimantes 3D», sont de plus en plus répandues. Elles sont relativement peu chères (à partir de quelques centaines d'euros), et permettent de fabriquer des objets en plastique. Elles connaissent un certain déploiement notamment grâce aux «fab labs». Ces lieux, gérés par des associations ou des collectivités locales, permettent de mutualiser des outils de production auxquels le grand public, voire certains professionnels, n'ont pas forcément accès. L'impression 3D permet de s'affranchir de la fabrication classique, et éventuellement de reproduire des objets soumis à la propriété intellectuelle. Comme pour la musique ou les vidéos, à l'avenir, des modèles 3D pourraient être facilement partagés en ligne. Comment l'empêcher? Cela suscite des réflexions. Le Conseil d'État nous a sollicités car nous sommes à l'origine d'un regroupement des acteurs de cette filière pour l'industrie: les fabricants de machines, de logiciels, de poudre, de gaz, de pièces, les bureaux d'étude, etc. Ce groupe (www.la-fabrication-additive.com) vise à accélérer les actions d'émergence et de déploiement de la fabrication additive. De plus, la FIM a monté un groupe de travail sur la contrefaçon.

La fabrication additive regroupe plusieurs procédés différents. Mais tous consistent à superposer des couches de matériaux, que ce soit du plastique, du métal ou de la céramique.

Mesures. En quoi la fabrication additive industrielle se différencie-t-elle des imprimantes 3D grand public?

Nicolas Parascandolo. Les machines de fabrication additive professionnelles coûtent au minimum une dizaine de milliers d'euros. Certaines installations complètes peuvent coûter bien plus cher. Comme pour le grand public, il existe des machines pour fabriquer des pièces en plastique, mais d'autres utilisent le métal ou la céramique. Divers procédés existent. Il est possible de faire fondre du fil pour ajouter des couches les unes sur les autres. C'est la technique que l'on retrouve dans les imprimantes 3D grand public. Mais il est aussi pos-sible de travailler à partir de poudres, plastiques ou métalliques, que l'on fusionne par laser, par petites épaisseurs. Il existe une méthode par projection de liant pour agglomérer de la poudre. On obtient ainsi un objet structuré, mais très fragile, comme un château de sable. Il faut ensuite le passer au four pour le cuire, à une température très précise, pour le solidifier sans le fondre. Cette méthode est rapide et permet d'éviter les effets thermiques difficiles à gérer avec la fusion de métal. On peut également faire durcir une résine liquide dans une cuve, grâce à un laser. Les techniques de fabrication additive sont donc nombreuses.

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