40-30 passe sous pavillon allemand

Le 10/07/2018 à 17:00  

À l'image de la réparation d'un détecteur à hélium avec son logiciel d'aide à la maintenance AMPS, 40-30 est reconnu dans les prestations en électronique industrielle, de maintenance en semi-conducteurs, en analyse de gaz, en décontamination particulaire, etc.

C 'est le 6 avril dernier que l'acquisition de 85 % des parts du français 40-30 par l'allemand RAG Stiftung Beteiligungsgesellschaft (RSBG), une fondation spécialisée dans l'industrie et les services associés, l'Automatisme 4.0 et les services à forte valeur ajoutée, a été signée pour un montant non dévoilé. « Ce rachat représente une opportunité extraordinaire pour poursuivre l'aventure de 4030, qui dure depuis plus de trente ans », se réjouit Pierre Delalez, président de l'entreprise française.

L'aventure débute en 1986 : c'est en effet cette année-là qu'Yves Cotte et Pierre Delalez créent 40-30 à Seyssinet-Pariset (Isère), pour répondre aux demandes de prestations en électronique industrielle et de maintenance de la part de l'industrie des semi-conducteurs. « Il s'agissait de réparer les machines de production en semi-conducteurs. Nous avons ensuite rapidement acquis des compétences en technologies du vide, par manque d'offres sur le marché, puis en analyse de gaz et en décontamination particulaire », poursuit Pierre Delalez.

Au cours des deux décennies suivantes, la société a notam-ment ouvert un centre d'intervention aux Ulis (Essonne) en 1997 et un site à Saint-Égrève (Isère) en 1999, ainsi qu'une filiale à Singapour, un site à Bernin (Isère) et à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs (Isère) en 2005. 40-30 est aujourd'hui également présent à Châteauneuf-le-Rouge (Bouches-du-Rhône), en Espagne, au Benelux et au Royaume-Uni. « En 25 ans, de 1985 à 2010, nous étions passés de 5 à 220 personnes. Mais nous avons alors subi de plein fouet la crise économique, d'où la mise en place d'une procédure de sauvegarde de la société », rappelle Pierre Delalez.

Première société française pour RAG Stiftung BG

Cette procédure a toutefois permis à la société de mettre en œuvre les développements initiés pendant la crise, tels que les activités de formation, de vente de pièces détachées et de machines de seconde main, ainsi que d'ingénierie en RF de puissance, en plasmas, en technologies du vide, en analyse de gaz, en métrologie, etc. « Après le redressement de la société, nous avons commencé à penser à l'avenir et à passer le relais pour Yves Cotte et moi-même. C'est à cette période que RAG Stiftung BG s'est manifesté pour reprendre l'entreprise. Cela nous a surpris, mais il s'avérait que la fondation nous suivait depuis des années et qu'elle possède des sociétés présentes aussi dans la microélectronique », explique Pierre Delalez.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas la fondation, elle a pour vocation la revitalisation et la redynamisation du bassin de la Ruhr et s'intéresse donc à des entreprises technologiques présentant un fort potentiel. « 40-30 est la première société française dans laquelle RAG Stiftung BG a pris une participation », indique Pierre Delalez. La société française a depuis retrouvé des couleurs – son chiffre d'affaires 2017 est en hausse de plus de 8 % et ses résultats, supérieurs à 10 %. « Un phénomène nous a beaucoup aidés ces dix dernières années : l'industrie de la microélectronique “déteint” sur d'autres secteurs industriels. On retrouve ainsi des problèmes de dépôts, de gravures, de détection de fuites ou de clean concept dans l'automo-

bile, l'aérospatial, l'horlogerie, etc. », précise Pierre Delalez. Avec cette acquisition, 40-30 peut désormais se donner les moyens (financiers) pour poursuivre son développement à l'international et réaliser différents projets. Comme des recrutements et la mise en place de synergies avec des sociétés sœurs, telles que le fabricant de machines de lithographie Heidelberg Instruments Mikrotechnik ou le fabricant de robots Rethink Robotics, voire même des croissances externes, sous l'impulsion des Allemands, pour ajouter de nouvelles compétences.