«L'indicationdesétatsde mène à une réelle déclar surface 3D sur un plan ation de conformité»

Le 22/11/2016 à 0:00  

Mesures. Suite à la réédition du recueil sur la spécification géométrique des produits (GPS) en 2011 (voir Mesures n° 841), une nouvelle édition de ce recueil a-t-elle été publiée depuis cette date?

RénaldVincent. Non, la dernière édition du recueil de normes GPS remonte à 2011. Cela ne signifie pas que les normes n'ont pas évolué, évidemment, mais qu'elles ne sont pas encore intégrées dans un tel recueil. En règle générale, l'Afnor [Association française de normalisation, Ndlr] renouvelle ce recueil à peu près tous les cinq ans. Elle attend certainement la fin de l'année 2016 pour faire un état des lieux et décider une réédition, ou non, d'un nouveau recueil en 2017.

Mesures. Quelles ont été, ces dernières années, les principales évolutions en matière de normalisation de la GPS?

Rénald Vincent. Parmi les évolutions, on peut citer l'extension des concepts liés à la norme ISO 25178 pour les états de surface. L'un de ces concepts est la notion d'indication. Les utilisateurs avaient la possibilité de spécifier des paramètres d'état de surface sur des profils de ligne ; on parlait alors de spécification de surfaces 2D. Pour les états de surface sur des profils de surface, d'où la désignation de spécification d'états de surface 3D, les ingénieurs avaient auparavant à leur disposition des paramètres qui étaient définis, mais qu'ils ne savaient pas écrire sur un plan. Il était donc impossible de les utiliser pour définir une exigence liée à un état de surface 3D sur une pièce industrielle. Si, du côté laboratoire, les ingénieurs pouvaient prendre une surface, l'analyser et déterminer un critère, il n'existait toutefois aucune spécification une fois en production.Avec la partie ISO 25178-1, il est désormais possible de passer du monde du laboratoire à une vision plus industrielle.

Mesures. Comme ils n'étaient pas écrits sur un plan, les états de surface 3D ne pouvaient pas être mis en œuvre dans l'industrie…

Rénald Vincent. Si, ils le pouvaient, mais les utilisateurs devaient passer par une indication textuelle.Mais vous pouvez imaginer que définir textuellement un état de surface 3D pouvait s'avérer très, très compliqué. Et, quand quelque chose est compliqué à faire, les personnes ont tendance à freiner des quatre fers, parce que la compréhension du texte peut alors être très ambiguë et dépendre de la personne qui l'inter-prète. C'est pourquoi le peu de personnes qui écrivaient les états de surface 3D sur un plan se mettaient d'accord avec celles du laboratoire de métrologie sur les conditions dans lesquelles une pièce sera bonne. Il s'agissait plutôt d'une analyse que d'une réelle déclaration de conformité, ce que permet maintenant la norme ISO 25178-1. Mais cela va avoir des conséquences sur l'usage des étalons, des systèmes de mesure et des logiciels spécifiques aux états de surface 3D. Ce qui pourrait amener également des temps de travail plus importants et des surcoûts en termes de mesure pour les industriels. Ces derniers devront donc savoir s'ils ont intérêt à spécifier un état de surface 3D ou seulement un état de surface 2D. Il faut vraiment que le jeu en vaille la chandelle ; si c'est le cas, les industriels ont à leur disposition tout ce qui va bien pour réaliser une métrologie de bonne qualité sur les états de surface 3D de base.

Mesures. Lors de notre rencontre en 2011, vous mentionniez être, au sein de la commission UNM09 GPS - Mesures,en train de travailler sur les difficultés de caractérisation métrologique qu'entraîne une propriété de surface différente selon l'utilisation

d'un moyen optique ou par contact. Vos travaux ont-ils abouti?

RénaldVincent. Je vais faire une réponse de Normand: oui et non. Depuis cette date, la commission UNM09 s'est d'abord divisée en deux commissions: l'UNM09 GPS - Mesure et l'UNM10 GPS - États de surface. Du côté de cette dernière, les experts ayant considéré que les propriétés mécaniques et électromagnétiques des surfaces changent leur caractérisation, selon le niveau d'observation, il a été convenu que le type de propriétés d'une surface devait être spécifié pour les mesures microgéométriques liées aux états de surface. On pourra ainsi avoir un Sa mécanique et un Sa électromagnétique. Du côté de l'UNM09 et de l'UNM08 GPS - Spécification,la question n'est pas d'actualité.

Mesures. Autre sujet évoqué il ya cinq ans, les filtrages et en particulier une prise en compte accrue de leur effet dans la mesure. Qu'en est-il actuellement ?

RénaldVincent. De nombreux travaux sur le filtrage en tant que tel sont en cours à travers la série des normes NF EN ISO 16610. Et la nouvelle version prévue de la norme NF EN ISO 1101 relative aux spécifications géométriques des produits va permettre de spécifier directement les filtres à appliquer. Jusqu'à présent, nous n'avions ni d'indication sur le filtre à appliquer, ni même la possibilité de l'indiquer. L'avantage est de mieux répondre à la demande en termes de mesure.

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