La Testabilité D'un Produit Doit Être Pensée Dès Sa Conception

Le 01/10/2012 à 0:00  

Mesures. L'étude annuelle du marché français de l'instrumentation électronique réalisée par Décision pour le Simtec révèle que depuis 2009 le secteur du test a repris le chemin de la croissance.L'année 2011 a semble-t-il été un bon cru, qu'en est-il pour 2012?

Bruno Cohen,responsable des ventes chez Cassidian Test&Services . 2011 a été pour nous une année de croissance. Il n'y a pas pour nous de domaines d'activités qui se démarquent par rapport aux autres. 2012 est bien partie. Si cela continue ainsi cela sera aussi une bonne année en termes de ventes.

Victor Fernandes, responsable de ventes Europe chez Geotest . Pour nous qui sommes principalement impliqués dans le secteur du test fonctionnel,2011 a été une bonne année également.Les six premiers mois de 2012 ont été relativement calmes. C'est semblable dans tous les pays européens où l'activité est comparable quoique variable selon les secteurs industriels. Dans certains pays, l'aéronautique est plus en avance que dans d'autres. L'Allemagne est tirée par son industrie et l'Angleterre par le secteur militaire.

Jacky Mutschler (Agilent) “ La testabilité en production est pensée de plus en plus tôt dans le cycle enV. La notion de plate-forme logicielle réutilisable entre les différentes phases prend là tout son sens.

Christian Ropars, président d' Acquisys . Nos deux principales activités sont le test fonctionnel et l'acquisition de données. Pour l'année 2011,nos ventes sont en progression et 2012 a bien commencé.

Philippe Devarieux,responsable des ventes chez Technicom.com . Pour ce qui nous concerne, nous sommes exclusivement présents sur le secteur du test fonctionnel et très principalement dans les domaines militaires, de l'aéronautique et du transport. 2011 a été une assez bonne année par rapport à nos prévisions qui n'étaient pas très élevées. L'année 2012 a démarré plus fort que ce que l'on avait pensé. Mais on n'a pas une vision très claire des mois à venir. Nous avons la bonne surprise de voir des commandes arriver parfois de manière peu planifiée. Ce sont plutôt de bonnes nouvelles mais il n'y a pas obligatoirement de quoi être très sereins ni inquiets pour les mois à venir.

Philippe Le Gall, directeur commercial Europe du sud chez Aeroflex . L'année 2011 a été plutôt bonne. 2012 a bien commencé également. On devrait finir notre exercice 2011-2012 à un peu plus de 100% de l'objectif. Des secteurs d'activités marchent mieux que d'autres. Nous sommes très impliqués dans tout ce qui est télécom de 4 e génération LTE. Ce marché a été très porteur mais un essoufflement des ventes est probable dans les prochains mois compte tenu du niveau d'équipement de nos clients. Le marché de l'aéronautique est relativement puissant également même si les compagnies aériennes ont tendance à souffrir. Sur le secteur du test de cartes in situ, on a senti une reprise ces derniers mois avec un essoufflement assez rapide. Concernant la production électronique en France notre vision du futur est un peu approximative.

Patrick Legenre, directeur commercial chez Accelonix . Notre entreprise propose des solutions qui couvrent tous les aspects de test et d'inspection autour principalement de la fabrication de cartes électroniques. Elle a enregistré une bonne année 2011. L'année 2012 a bien débuté avec toutefois un ralentissement au deuxième trimestre.

Jacky Mutschler, responsable commercial chez Agilent Technologies . Notre offre concerne tous les moyens de test de la simulation jusqu'à la production en passant par les phases de recherche avancées, de certification et de validation. On a enregistré un bon taux de croissance en 2011 grâce aux marchés télécoms de la 4G/LTE Advanced, du spatial, de la recherche fondamentale et également de la production avec une forte interconnexion entre la France et les pays d'Afrique du nord.

Frédérick Drappier,directeur général chez National Instruments . 2011 a été comme pour tout le monde une très bonne année. Avec notamment des investissements sur le véhicule électrique qui se sont complètement stabilisés sur 2012. Le secteur aéronautique a bien marché et cela continue. On constate également une montée en puissance assez forte du secteur de l'énergie qui se poursuit sur 2012. Le secteur automobile est en panne, l'aéronautique marche bien. Mais dans l'ensemble, le début d'année a été toutefois un peu morose.

Pour les représentants des entreprises membres du Simtec que nous avons réunis pour une table ronde, il est de plus en plus important de penser à la testabilité d'un produit dès sa phase de conception. Il faut aussi s'assurer de la cohérence des moyens de test tout au long du cycle en V. A eux de fournir des outils matériels et logiciels pour optimiser cette transition.

Photos : Xavier Martin

Mesures.Quels sont les secteurs d'activités les plus enclins à adopter les nouvelles technologies dans le domaine du test électronique?

Bruno Cohen (Cassidian Test & Services) . Le secteur militaire est très conservateur. Il garde très longtemps son matériel de test et le remplace peu car il ne connaît pas vraiment de sauts technologiques.Contrairement au domaine des télécoms, dont le passage des réseaux 3G aux 4G exige l'acquisition de nouveaux équipements.

Victor Fernandes (Geotest) . Il est vrai que les militaires achètent moins souvent du matériel mais ils ont besoin de services de maintenance et de traitement de l'obsolescence. Il leur faut parfois remplacer un appareil qui n'existe plus par un appareil équivalent. Dans les télécoms, une fois que les instruments ont été employés pour un projet ils sont transférés sur d'autres et utilisés pour autre chose que leur vocation première.

Patrick Legenre (Accelonix) . Dans l'automobile, les industriels s'orientent vers la détection de défaut le plus tôt possible dans les procédés de fabrication et adoptent très rapidement les nouvelles technologies de test qui ne sont pas forcément employées dans d'autres secteurs d'activité pour atteindre leurs exigences de zéro défaut. L'inspection de pâtes à braser, première étape de test d'une ligne de fabrication, se développe beaucoup depuis quelques années. Dans l'automobile, on passe systématiquement de l'inspection 2D à la 3D.

Frédérick Drappier (National Instruments) . En phase de conception, il est intéressant de constater qu'il y a une certaine convergence entre les domaines aéronautique et automobile. Le premier est très fort dans l'approche du zéro défaut. Le second est lui très performant pour tout ce qui concerne la réduction des coûts de conception et de production. Il y a une recherche de savoir-faire de part et d'autre. Il est vrai que l'industrie automobile a tendance à adopter beaucoup plus facilement les nouvelles technologies de test car leurs productions comptent des millions de pièces. Il est plus facile pour eux de rentabiliser leurs équipements.

Philippe Le Gall (Aeroflex) . Il existe cependant des applications avioniques et aérospatiales ciblées qui rejoignent en termes de contraintes le domaine automobile. Les industriels reçoivent des commandes de plus en plus tard et ils ont de moins en moins de temps pour produire. Ils exigent donc des méthodes très proches de l'automobile avec la recherche du zéro défaut avec un temps de test extrêmement réduit. De même dans le domaine des satellites, les opérateurs réclament des délais de livraison de plus en plus courts. Là où les constructeurs avaient trois ans pour produire un satellite ils ont parfois moins d'un an. Donc les tests durent trois semaines au lieu de trois mois. Il faut donc employer des méthodes innovantes et à forte valeur ajoutée dont le prix est largement compensé par le temps gagné. Dans l'aviation civile, on est sur un secteur beaucoup plus conservateur où les équipements seront utilisés pendant plusieurs dizaines d'années. Là, les besoins se font sur des nouveaux standards ou la conception de nouveaux avions tels que l'A380 d'Airbus ou le 757 de Boeing qui arrivent avec des nouveaux équipements qui réclament de nouveaux testeurs.

Mesures. Le lancement de l'avion de ligne civil très gros-porteur long-courrierA380 d'Airbus a-t-il conduit à l'évolution de stratégie de test et à l'acquisition de nouveaux équipements?

Christian Ropars (Acquisys) . Entre l'A320 et A380 d'Airbus les stratégies de test ont bien entendu évolué. Mais la conception de l'A380 fait déjà partie du passé. Ses outils de test ont été développés il y a déjà sept à huit ans.

Victor Fer nandes (Geotest) . Il y a environ cinq ans, le projet A380 a généré des commandes mais maintenant la montée en production ne génère pas vraiment de ventes pour des technologies récentes.Tout cela est du passé, l'avenir pour nous est le lancement de nouveaux équipements, l'adoption de nouveaux standards de communication et de transmission vidéo dans les avions.

Patrick Legenre (Accelonix) “ Dans l'automobile, les industriels s'orientent vers la détection de défaut le plus tôt possible dans les procédés de fabrication et adoptent très rapidement les nouvelles technologies de test qui ne sont pas forcément employées dans d'autres secteurs d'activité pour atteindre leurs exigences de zéro défaut.

Philippe Le Gall (Aeroflex) . On ne parle pas non plus des mêmes quantités que dans le secteur des télécoms. On ne fabrique malheureusement pas autant d'A380 que de stations de base LTE.

Philippe Devarieux (Technicom.com) . Dans les domaines plus conservateurs que peuvent être l'aéronautique ou la défense, il y a toutefois des avancées comme l'intégration de fibres optiques pour les systèmes de câblage. Ce sont des liaisons bien connues mais qui font figure d'innovation sur des systèmes considérés comme très rustiques. Cela ne sera pas forcément compliqué à tester mais cela va leur demander de nouveaux moyens. Ce qui pourra être l'occasion de concevoir une version n+1 d'un ancien testeur. De même que dans le domaine du transport, où la vidéo se développe à grand pas pour des raisons ludiques ou d'informations voyageurs.Cesont des signaux bien moins complexes que ceux employés pour la téléphonie mobile 3G ou 4G mais qui concernent des populations qui travaillaient jusqu'alors sur des signaux plus basiques. Quand il faut intégrer une prise RJ45 sur un équipement de défense de terrain, il faut savoir gérer le passage de gros à de petits connecteurs et les standards qui vont avec autant pour les instruments de mesures que pour le câblage associé.

Frédérick Drappier (National Instruments) . Les technologies qui sont mises en œuvre dans le domaine militaire et aéronautique ne sont pas les dernières arrivées sur le marché. Ce sont toujours des technologies éprouvées dont les moyens de test existent déjà depuis un certain nombre d'années. La question est de savoir si l'on va se doter d'un testeur d'ancienne génération pour tester ces technologies relativement anciennes ou si l'on investit dans une solution qui va nous accompagner sur les dix prochaines années bien que les technologies d'aujourd'hui seront intégrées dans 7 à 8 ans aux équipements militaires, par exemple.

Jacky Mutschler (Agilent) . Effectivement, le monde de la défense est conservateur mais il emploie néanmoins des technologies éprouvées avec des sécurités complémentaires ce qui demande des technologies adaptables. Et il réclame des mesures beaucoup plus fines. Dans le domaine télécom LTE ou LTE Advanced ou Internet avec le WI-FI de prochaine génération (IEEE 802.11n et ac), les technologies réclament de plus en plus de bande passante, et emploient des modulations très complexes. Il s'agit de ruptures technologiques qui exigent des nouveaux moyens de test. Le maître mot pour nos clients est de pouvoir leur fournir des systèmes de test en phase avec le cycle de conception enV. Il faut donc commencer par leur proposer des outils de test en simulation qui assurent une transition sans risque tout au long du cycle de développement.

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