Le diagnostic se joue sur le terrain

Le 25/10/2016 à 0:00  

Mesures.Comment définissez-vous la performance industrielle?

Yves Beunon. C'est une question que l'on n'aborde pas vraiment. Lorsque l'on demande à nos clients les axes de performance qu'ils veulent travailler, leurs questions portent sur différents sujets. Il peut s'agir par exemple de soucis de qualité, de performance économique, de maîtrise du coût de la production, des aspects réglementaires, ou encore du respect des délais. Ce dernier point est d'ailleurs une question cruciale aujourd'hui: on observe un dur-cissement de la position des clients, il y a donc un vrai besoin de clarifier certaines situations. Nous abordons donc le sujet sous l'angle de ces différents éléments, mais nous parlons rarement de performance au sens large, de façon désincarnée.

Mesures.Quels sont les motifs les plus courants pour la mise en place d'un diagnostic?

Yves Beunon. Il peut s'agir d'une question soulevée en interne, ou lors d'un audit client. Un encombrement de l'usine, qui pose la question d'une extension. La difficulté d'atteindre un objectif, ou encore un investissement qui n'a pas porté ses fruits. Il arrive que certaines entreprises se lancent dans cette démarche alors que tout va bien. Nous l'avons effectivement observé : l'arrivée d'une nouvelle personne peut motiver une remise en question, afin de réfléchir à des moyens de s'améliorer. Mais la plupart du temps, le déclencheur est un problème et vient souvent de l'extérieur. En effet, on peut s'arranger avec un problème en interne, mais lorsqu'un client est mécontent, cela enclenche une cellule de crise. Cela peut venir aussi d'obligations légales, lorsqu'un site n'est plus aux normes, par exemple, et que l'administration demande des réponses.

Mesures. Selon vous, le diagnostic doit s'appuyer sur des éléments très concrets.Cela facilite-t-il la remise en question?

Yves Beunon. La production est une organisation humaine, donc la remise en question est compliquée. Quand nous mettons en évidence un élément perfectible, cela peut énerver les personnes concernées. Lorsque l'on a construit quelque chose, que l'on a l'habitude de travailler d'une certaine façon, il est difficile de s'entendre dire que l'on pourrait faire mieux. Il n'est donc pas simple de faire comprendre qu'une autre façon de procéder est pos42 sible, surtout en haut de la hiérarchie. Nous devons donc être factuels,afin que nos préconisations soient les moins attaquables possible. Heureusement, on trouve dans le milieu de l'industrie une forte part de rationalité.

Le diagnostic commence par la définition des axes de performance à travailler, comme la maîtrise des coûts ou le respect des délais.

Mesures. Un diagnostic nécessite-t-il d'avoir de nombreuses données liées à la production?

à la production? Yves Beunon. Il est facile de générer des données; il suffit d'installer des capteurs peu chers. Mais les analyser, enre-vanche, est compliqué. Parfois, des données sont facilement accessibles, mais elles sont brutes et ne sont pas exploitables sans développement.Traiter ainsi xemplaire une énormeappartient base de données à ilancry@new est infernal, ce n'est pas notre méthode. Nous faisons le choix de ne pas passer trop de temps sur chaque diagnostic. Pour une PME, cela peut durer de 10 à 15 jours. Nous préférons observer, écouter les gens, et avancer de façon itérative plutôt que de prendre deux mois pour tout analyser et tout mesurer. Sur le terrain, les personnes concernées savent dire quels événements sont fréquents, ce qu'il se passe, et pourquoi. Nous pouvons également mesurer un échantillon de la production avec un simple chronomètre: il suffit de compter les quantités produites en quelques heures.

sco.fr. Toute reproduction est inter Mesures. Les logiciels de type MES (Manufacturing Execution System) peuvent-ils aider?

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