Le français Cementys rayonne jusqu'aux Etats-Unis

Le 01/02/2015 à 17:00  
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C 'est en présence de clients notamment que le personnel du français Cementys a inauguré le 4 décembre dernier les nouveaux locaux de la société situés à Palaiseau (Essonne) à proximité de la communauté scientifique du plateau de Saclay et d'Optics Valley, par exemple, qui est très orientée fibres optiques. Ce n'est évidemment pas étonnant sachant que Cementys est spécialisé dans l'instrumentation, la surveillance et l'optimisation de la maintenance des infrastructures vieillissantes. Ce déménagement dans un bâtiment d'une surface de 1500m 2 ,bien plus grand que celui de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), était une étape indispensable dans la croissance de la société.

Une croissance annuelle de 70 % en moyenne

Petit retour en arrière… Cementys, une jeune entreprise innovante (JEI) dont le capital détenu à 100% par les employés, a été créée en 2008. « Le déclic, ce fut la prise de conscience du fossé entre ce que l'on fait en laboratoire et le s pratiques sur le terrain, lorsque je fus appelé, en tant que professeur agrégé à l'ENS Cachan, pour l'expertise juridique concernant l'effondrement du toit du terminal E2 de de l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle.Etpour-tant les compétences et le savoir-faire en matière de surveillance des infrastructures, de développement des capteurs et des moyens d'interprétation existent en France, grâce à EDF », se souvientVincent Lamour, directeur technique et scientifique de Cementys.

Vincent Lamour, directeur technique et scientifique de Cementys

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La société, qui se présente comme la fusion d'un bureau d'études et d'ingénierie de la maintenance et d'un laboratoire d'expertise et d'instrumentation, emploie déjà aujourd'hui une vingtaine de personnes sur ses sites de Palaiseau, d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), de Brest (Finistère) et de Cherbourg (Manche), pour un chiffre d'affaires de 2,7 millions d'euros (Me) en 2014. A noter que l'exportation a représenté 65% du chiffre d'affaires, principalement en Afrique, au Moyen-Orient et en Russie. « Nous venons d'ailleurs d'ouvrir un bureau à Houston, aux Etats-Unis, pour le marché du pétrole essentiellement.Ce qui nous permettra de poursuivre notre croissance sur un rythme moyen d'environ 70 % par an », poursuitVincent Lamour.

Il s'agit de donner à la mesure la place qu'elle mérite dans le génie civil. Et de nombreuses applications sont encoreàtrouver.

Si Cementys investit environ 20% de son chiffre d'affaires dans la R&D, c'est aussi que les applications de génie civil (surveillance de ponts, de tunnels, d'autoroutes, etc.), de tout le cycle du nucléaire, en hydraulique (barrages, digues, ports, écluses), en pétrole et gaz (exploitation, plates-formes offshores, pipeline, stockage GNL),etc.requièrent des technologies et des solutions avancées. « Si les capteurs mis en œuvre en industrie sont remplaçables, il faut que nos capteurs vieillissent aussi bien que l'infrastructure, soit une durabilité de 20 à 30 ans. D'où le choix des cordes vibrantes et des fibres optiques en technologie de réseau de Bragg ou de fibre répartie. Et ce sont les seuls capteurs dont le retour d'expérience s'avère excellent en environnements agressifs », explique Vincent Lamour.

Compte tenu du fossé entre laboratoire et terrain et comme il existe une grande réticence de la part des utilisateurs de passage de l'électronique à l'optique, mettre des capteurs sur un pont n'en est qu'à ses débuts. Et c'est aussi pour cela que Cementys mise beaucoup sur la formation, en proposant un catalogue de formations (manipulation de fibres optiques et de cordes vibrantes, intégration de la chaîne capteur et interpréteur qui est la vraie valeur ajoutée, formations sur mesure). « Il s'agit de donner à la mesure la place qu'elle mérite dans le génie civil. Et de nombreuses applications sont encore à trouver : nous apportons la technologie et les clients apportent leurs applications », conclutVincent Lamour.