« Les deux sociétés Brüel & Kjaer et HBM partagent chacune une longue histoire »

Le 23/12/2019 à 17:00  
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Mesures. Le groupe britannique Spectris avait dû communiquer en avril 2018 sur la fusion à venir de ses deux divisions Brüel & Kjaer Sound & Vibrations et Hottinger Baldwin Messtechnik, plus connue sous le nom de HBM. Mais

il a fallu attendre près d'un an pour que cette fusion soit effective. C'est d'ailleurs la première fois, en France, que les deux sociétés font stand commun, avec la nouvelle marque, lors de l'édition 2019 du salon Measurement World, qui s'est tenue du 24 au 26 septembre dernier.

Christophe Sinsou. Mener à bien une fusion prend du temps, surtout quand on ne souhaite pas faire les choses à marche forcée. Nous ne voulions en aucun cas que nos clients, ceux de Brüel & Kjaer et ceux de HBM, perdent leurs repères, leurs marques. Nous voulons bâtir la nouvelle société sur des bases solides, dans la continuité du suivi des clients. La nouvelle marque HBK vient d'être lancée sur le marché, et il reste encore pas mal de travail à faire, notamment en termes de marketing.

Christophe Sinsou, vice-président Strategic Accounts & Business Development de HBK et président de HBK France

Robin Sklolborg

Mesures. Pouvez-vous nous présenter cette nouvelle marque ? Christophe Sinsou. L'entité issue de la fusion des deux sociétés s'appelle donc HBK, pour Hottinger Brüel & Kjaer. Il s'agit d'une forme d'hommage aux trois fondateurs, qui sont ainsi représentés, et une façon de nous lier à la longue histoire de chacune des deux sociétés. Brüel & Kjaer a en effet été créé en 1942 par Per Vilhelm Brüel et Viggo Kjær – nous allons donc fêter les 80 ans de la société dans moins de trois ans – et HBM, en 1950 par Karl Hottinger. En plus de cette longue histoire, les deux sociétés partagent également une image forte et solide. C'est l'une des rai-sons, d'ailleurs, pour laquelle les deux marques produits vont perdurer longtemps dans la nouvelle structure : Brüel & Kjaer, pour les accéléromètres et les microphones, les sonomètres, les systèmes de mesure et d'analyse, ainsi que les logiciels applicatifs (mesures acoustiques, traitement dynamique de structures…), et HBM, pour les capteurs (jauges de contrainte, pesons, couple, force…), les systèmes d'acquisition de données et les logiciels de mesure.

Nos clients étant submergés par les données, leur défi est d'en tirer la substantifique moelle. C'est pour cela que nous fournissons à la fois les moyens et la matière grise, contrairement aux sociétés de conseil concurrentes.

Mesures. Comment la fusion se déroule-t-elle en France ?

À l'image de sa plateforme BK Connect, Brüel & Kjaer est spécialisé dans les accéléromètres et microphones, les sonomètres, les systèmes de mesure et d'analyse, ainsi que les logiciels applicatifs.

Brüel & Kjaer

Christophe Sinsou. Je voudrais juste préciser, avant de vous répondre, que cette transition s'inscrit dans un juste équilibre entre nos clients, nos actionnaires et nos employés. Sans les clients, nous ne sommes rien, et afficher une solidité financière est essentiel pour être vu comme un partenaire indispensable. Il s'agit ensuite de remplir les missions définies par nos actionnaires et, enfin, d'être une entreprise où il fait bon vivre, notamment pour conserver les talents. En France, la situation était un peu particulière, en cela que les deux entités légales différentes, à savoir Bruël & Kjaer France SAS et HBM France SA, se trouvent déjà sur le même site, à Mennecy (Essonne), ce qui n'a impliqué aucun déménagement. En province, l'ensemble des forces de vente et des personnels de support clients vont assurer la cou-verture complète du territoire hexagonal, un maillage permettant de s'inscrire dans le tissu local. L'activité Prenscia, qui regroupe en fait les solutions des sociétés nCode International, ReliaSoft et The Omnicon Group, acquises respectivement en 2008, 2015 et 2017, autour des logiciels

d'analyses de fatigue et de fiabilité pour les essais, dispose d'une équipe dédiée. La nouvelle entité HBK France représentera un effectif total d'environ 85 personnes.

Mesures. Quels sont les principaux marchés visés par la nouvelle entité ?

Christophe Sinsou. Les marchés de pré-dilection de HBK peuvent se répartir en cinq grands secteurs : le transport terrestre, à savoir l'automobile, l'électrification, la mobilité, le ferroviaire, les engins de chantier, l'aéronautique, le spatial et la défense ; l'industrie (la mécanique, les machines, les bancs d'essais), qui est caractérisée par la présence de nombreux intégrateurs ; des secteurs en croissance, comme la chimie et le médical avec des applications de dosage par exemple ; l'éducation et la recherche ; et enfin l'audio (optimisation de l'acoustique de terminaux mobiles, d'enceintes connectées, de kits mains libres…).

HBM est un fabricant reconnu dans les domaines des capteurs (jauges de contrainte, ici la gamme newLight, pesons, couple, force…), les systèmes d'acquisition de données et les logiciels de mesure.

HBM

En France, la situation était un peu particulière, en cela que les deux entités légales différentes se trouvent déjà sur le même site, à Mennecy, ce qui n'a impliqué aucun déménagement. ” Christophe Sinsou, HBK

Mesures. Quels sont les leviers de croissance que vous avez identifiés ?

Christophe Sinsou. Même s'il y a peu d'acteurs en France, l'audio est un marché où apparaissent de nouveaux enjeux liés à l'audio embarquée. Dans les véhicules de demain, les défis ne seront plus la motorisation, ni la sécurité – même si elles seront toujours importantes –, mais les enjeux porteront sur ce que les usagers voudront y faire (se reposer en écoutant de la musique, voir sa série préférée ou un film…). Apporter de la valeur ajoutée aux clients passe certes par des spécialistes capables de proposer des solutions, mais aussi par de nouveaux services, auxquels sont liés nos objectifs de croissance. Au travers de l'activité Prenscia, nous avons identifié une autre tendance : l'un des gros problèmes auxquels sont confrontés nos clients est qu'ils sont submergés par les données. Ils passent ainsi 50 % de leur temps à trouver la bonne information et, plus globalement, près de 80 % de leur temps à gérer leurs données. On pourrait penser que leur problème était de déterminer la fréquence d'échantillonnage optimale ou le bon nombre de voies de leurs systèmes d'acquisition, mais non. Leur défi est de tirer la substantifique moelle de la masse des données acquises. C'est pour cela que nous développons des outils dont le fonctionnement s'approche au plus près de la manière dont les opérateurs travaillent, et que nous fournissons à la fois les moyens et la matière grise, contrairement aux sociétés de conseil concurrentes.

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