«Que reste-t-il aux SNCC?»

Le 01/01/2015 à 17:00  

F aceàdescontrôleursd'automatismes de plus en plus performants, les fabricants de systèmes numériques de contrôle-commande (SNCC) n'ont cessé de perdre des parts de marché au cours des vingt-cinq dernières années. Seules les industries de process, comme la chimie lourde ou la pétrochimie, restaient jusqu'à présent fidèles aux SNCC. Mais ce secteur est lui aussi en passe de se laisser séduire par les systèmes automatisés. Il suffit, pour s'en convaincre, de considérer les récents contrats remportés avec des PAS ( Process Automation System , ou système d'automatisation de process). Ces derniers équipent déjà des industries lourdes telles que, par exemple, des cimenteries ou des usines de biocarburants.

Process Automation Systems : le meilleur des deux mondes

Comment les contrôleurs d'automatismes sont-ils parvenus à s'imposer dans tous types d'industries ? Nous pouvons évoquer leur puissance de calcul: un contrôleur moderne peut exécuter des algorithmes complexes avec des temps de cycles dix fois inférieurs à ceux d'un SNCC. Il y a aussi leur interopérabilité. Un automate moderne est compatible avec toutes les principales normes en matière d'instrumentation, et l'utilisateur peut choisir entre Hart, Profibus PA, Fieldbus Foundation et maintenant EtherNet/IP sans être lié au standard choisi par le constructeur du SNCC.

«Capables d'effectuer de la régulation, du positionnement, du contrôle de mouvement, de la gestion d'entrées/sorties rapides, de la robotique et même de la sécurité, les contrôleurs d'automatisme programmables (PAC) de nouvelle génération forment un système unique étendu à toute l'usine.»

Toutefois, dans certaines industries critiques, cette interopérabilité a longtemps été vue comme un inconvénient. Les directeurs de sites pétrochimiques estimaient, à juste titre, qu'un système SNCC unique serait plus robuste qu'une installation où tournent en parallèle un programme d'automatismes et un logiciel de supervision.

Mais l'arrivée des PAS a changé la donne… Aujourd'hui, grâce aux outils logiciels proposés, un PAS couvre tous les besoins, depuis le développement de l'application jusqu'à la supervision. Il peut même y ajouter des outils de pilotage prédictif, capables d'identifier des dérives dans la production. Mais surtout, son champ d'action s'étend au-delà du process lui-même. Aujourd'hui pratiquement toutes les industries intègrent des opérations de préparation de recettes, de convoyage, de conditionnement,etc.,en plus du pro-cess. Pour toutes ces usines que l'on peut qualifier d'« hybrides», les systèmes PAS sont idéaux. Capables d'effectuer de la régulation, du positionnement, du contrôle de mouvement, de la gestion d'entrées/sorties rapides, de la robotique et même de la sécurité, les contrôleurs d'automatisme programmables (PAC) de nouvelle génération forment un système unique étendu à toute l'usine. Un seul équipement remplace ainsi avantageusement un SNCC, un automate, un contrôleur de mouvement, un robot et un automate de sécurité, et ceci avec le même environnement de développement, une base de données unique, et un réseau unique capable de communiquer avec les couches supérieures de l'entreprise.

On comprend mieux pourquoi les SNCC ont de plus en plus de mal à tirer leur épingle du jeu face aux PAS, même dans les industries de process.