Siemens a dévoilé sa stratégie d'entreprise 2020+

Le 06/09/2018 à 17:00  

C 'est le 1 er août dernier que le groupe allemand Siemens a dévoilé sa stratégie d'entreprise Vision 2020+. Il s'agit, pour le groupe, de mettre « le cap sur une création de valeur à long terme, portée par une croissance accélérée et une rentabilité accrue et dans le cadre d'une structure d'entreprise simpli-fiée et allégée ».

Le taux de croissance annuel du chiffre d'affaires devrait augmenter de 2% et la rentabilité de 2 points de pourcentage par rapport à l'objectif actuel de 11 à 12 %, à moyen terme,c'est-à-dire dans les trois à cinq prochaines années. Selon le site Internet de Manager Magazin , repris par l'agence Reuters, Siemens envisage en parallèle de supprimer 20 000 emplois (sur un total de 372 000 à la finseptembre 2017), ce qui a ensuite été démenti par le groupe.

L'objectif principal affiché de cette nouvelle stratégie – Siemens avait lancé, en 2014, le programmeVision 2020, qui a permis de rendre la quasi-totalité de ses activités bien plus rentable et sa Digital Factory de dominer le marché de la numérisation industrielle – est de proposer aux activités individuelles de l'allemand une plus grande liberté d'entreprendre sous la bannière de Siemens, afin de se recentrer sur leurs marchés respectifs.

« Dans le cadre de la numérisation, ce ne seront pas les plus grandes entreprises qui survivront,mais les plus flexibles », affirme Joe Kaeser, président et CEO de Siemens. Le groupe industriel prévoit également une consolidation de son portefeuille de croissance à travers des investissements dans de nouveaux secteurs de croissance, tels que les services d'Internet des objets (IoT), la gestion de l'énergie décentralisée et les solutions structurelles pour la mobilité électrique.

La gestion centralisée et efficace des projets, des produits, des logiciels et des entreprises de services,ainsi que de toutes leurs spécificités, c'est du passé. ” Joe Kaeser, président et CEO de Siemens.

Rachat de l'américain mendix

L'acquisition de l'américain mendix pour un montant de 600 millions d'euros, annoncée le même jour, s'inscrit parfaitement dans la volonté de Siemens de développer sa position do-minante sur le marché de la numérisation industrielle. Créé en 2005 à Rotterdam (Pays-Bas), mendix est spécialisé dans les plateformes de développement d'applications avec peu de code, d'où la programmation et le déploiement d'applications pouvant être jusqu'à 10 fois plus rapides.

Avec sa nouvelle structure d'entreprise, qui prendra effet le 1 er octobre 2018 jusqu'à une mise en œuvre finale le 31 mars 2019, le niveau organisationnel des Divisions actuelles sera supprimé et l'organisation régionale remaniée pour alléger la structure et privilégier l'orientation clients et les sièges sociaux de l'entreprise seront rationalisés. En dessous du niveau Groupe, il y aura donc trois entreprises opérationnelles et trois entreprises stratégiques (Siemens Healthineers, Siemens Gamesa Renewable Energy et l'activité de mobilité de Siemens jusqu'à la fin du regroupement prévu avec Alstom).

L'actuelle Division Financial Services fusionnera avec Global Business Services et Real Estate Services pour former l'entreprise de services. « La gestion centralisée et efficace des projets, des produits, des logiciels et des entreprises de services,ainsi que de toutes leurs spécificités, c'est du passé », a même lancé Joe Kaeser.

Les cinq divisions industrielles, à savoir Building Technologies (BT), Energy Management (EM), Power and Gas (PG), Digital Factory (DF), ainsi qu'une grande partie de la Division Process Industries and Drives (PD) fusionneront dans trois entités opération-nelles : Gas and Power (GP ; Gaz et Énergie) dirigée par Lisa Davis et avec un siège social à Houston (États-Unis), Smart Infrastructure (SI ; Infrastructures intelligentes), dirigée par Cedrik Neike et située à Zoug (Suisse), et Digital Industries (DI ; Industries numériques), dirigée par Klaus Helmrich et située à Nuremberg (Allemagne).