Siemens étoffe son écosystème pour la numérisation

Le 12/11/2018 à 17:00

Emmanuel Vieillard (à gauche), président du Cetim, et Nicolas Petrovic, président de Siemens France, après la signature du partenariat entre le centre technique et le groupe allemand.

C. Lardière

C 'est dans l'effervescence de son événement Digital Industry Summit ( voir encadré ci-dessous ), organisé conjointement avec le français Atos le 16 octobre 2018 au Palais Brongniart (Paris), que le groupe allemand Siemens, présent dans les domaines de l'électrification, l'automatisation et la «digitalization», a fait deux annonces, s'inscrivant dans le renforcement de son écosystème autour de l'industrie du futur. Il s'agit de la signature d'un partenariat avec le centre technique des industries mécaniques

(Cetim) et la présentation de sa prise de participation dans la start-up auvergnate Braincube.

« Dans le cadre de l'industrie du futur, il faut savoir s'entourer d'un écosystème de start-up et de partenaires, capables de valoriser nos plateformes et solutions, jusqu'aux PME et PMI », expliqueVincent Jauneau, vice-président et directeur du secteur Industrie de Siemens France. Dans le cas du partenariat avec le centre technique –l'allemand et le français partagent un ADN technologique commun –, « cette alliance porte sur l'accompagnement des entreprises à revisiter leur offre pour le futur et à retrouver de la valeur ajoutée. Il s'agira de proposer des offres concrètes auprès d'un réseau très dense de PMI et PME manufacturières », précise Daniel Richet,directeur du dévelop-pement régional et international du Cetim.

1500 visiteurs au Digital Industry Summit

Pour la 1 re édition organisée conjointement par le français Atos et l'allemand Siemens, le 16 octobre 2018 au Palais Brongniart (Paris), le Digital Industry Summit a réuni 1500 visiteurs venus s'informer et échanger sur « les réponses technologiques,humaines et organisationnelles aux enjeux de la digitalisation,en rencontrant les acteurs de leur écosystème (utilisateurs finaux, constructeurs de machines, intégrateurs,instances politiques,syndicats professionnels ou encore organismes de formation », rappelaient les organisateurs sur le site internet de l'événement.

« Nous sommes victimes de notre succès, affirmait d'ailleurs Vincent Jauneau, vice-président et directeur du secteur Industrie de Siemens France.

Cela n'est pas une surprise.Les industriels ne viennent plus s'informer,ils viennent parce qu'ils ont un projet,et le potentiel de numérisation des PME et PMI est phénoménal. » Lors de la plénière d'ouverture, qui affichait complet, Thierry Breton, Pdg d'Atos, a expliqué que « nous ne pouvons plus parler d'industrie du futur sans parler de traitement intelligent, de cybersécurité,de puissance de calcul.Et l'on n'a encore rien vu en termes de données,car l'industrie créera bien plus de données que le grand public ».

Pour Jan Mrosik, CEO de Siemens Digital Factory, « à l'instar des albums CD pour la musique ou d'Uber pour les transports,la digitalisation va transformer la nature même des modèles économiques des entreprises,basés sur la vitesse, la flexibilité,la qualité et l'efficience,en plus de la sécurité. Le numérique permettrait de dégager une croissance de 100 milliards d'euros par an en France. » En parallèle des tables rondes, keynotes et ateliers, le Digital Industry Summit a réuni 43 sociétés, centres technique ou de recherche et autres organisations, ainsi que 13 start-up, au sein d'une exposition. Cinq d'entre elles ont été récompensées : Energiency dans la catégorie Smart Energy, Dizmo (catégorie Smart Building), Carfit (catégorie Smart Product), Picomto (catégorie Smart Plant) et Amiral Technologies (coup de cœur du jury).

C. Lardière De gauche à droite : Vincent Jauneau, vice-président et directeur du secteur Industrie de Siemens France, Ralf-Michael Franke, CEO de l'activité Factory Automation (FA) au sein de la division Digital Factory (DF) de Siemens, et Laurent Laporte, cofondateur et président de Braincube.

C. Lardière D

Trop petites pour déployer des moyens propres de recherche et d'innovation, ces entreprises bénéficient en effet également peu des aides fiscales dédiées et ont donc besoin d'être accompagnées pour tirer profit rapidement de la révolution numérique. « C'est notre rôle depuis une quinzaine d'années d'accompagner les PME et PMI, avec aussi une sectorisation régionale, rappelle Philippe Choderlos de Laclos, directeur général du Cetim. Mais les innovations dans le domaine de la numérisation nous dépassent, d'où l'alliance avec Siemens. » C'est tout l'objectif du partenariat, à savoir permettre aux entreprises d'engager une réflexion sur leur métier et leur organisation, d'établir un diagnostic de leur situation, d'identifier leurs besoins, de construire une feuille de route et de monter leur dossier de financement.

Une levée de fonds de 12 M€

Siemens a par ailleurs profité de l'occasion pour détailler la prise de participation dans la société auvergnate Braincube, pour un montant de 12 millions d'euros, via sa société de capital-risque next47 et aux côtés d'Iris Capital. « Il s'agit de notre première levée de fonds, qui va nous permettre de renforcer notre réseau de commercialisation dans le monde entier et d'étoffer nos équipes de développeurs. Nous avions en effet réussi à nous autofinancés depuis la création de la société en 2007 », explique Laurent Laporte, cofondateur avec Hélène Olphe-Galliard et Sylvain Rubat du Mérac, ainsi que président de Braincube.

Créée sous le nom d'IP Leanware et située à Issoire (Puy-de-Dôme),la société est un éditeur de logiciels spécialisé dans les algorithmes d'intelligence artificielle capables de réaliser des prédictions et des prescriptions de pilotage des usines pour en améliorer la productivité. Avec cette prise de participation, le groupe allemand et le français franchissent une nouvelle étape, car ils étaient déjà partenaires depuis avril 2017 pour les applications d'objets connectés (IoT) et d'intelligence artificielle sur la plateforme cloud ouverte MindSphere ou les solutions Edge de Siemens.