«La certification ISO 50001 peut améliorer les marges financières »

Le 01/09/2014 à 15:00  

Les façades du « Green Office Meudon », un ensemble d'immeubles de bureaux de groupe Stéria (services numériques) multiplient les possibilités de fabriquer de l'électricité verte grâce à des panneaux photovoltaïques verticaux, à même la façade, ainsi que sur les brise-soleil. De même, toute la toiture du parking pour les voitures est recouverte de panneaux photovoltaïques.

Steria

Mesures. Quel a été le contexte qui a justifié l'élaboration de la norme ISO 50001? Catherine Moutet. Avant l'ISO 50001, les Comités européens de normalisation (CEN et CENELEC) avaient publié en juin 2009 la norme EN 16001. Son élaboration avait démarré en novembre 2006 à la suite de la publication de la première directive européenne 2006/32/CE sur l'efficacité énergétique dans les utilisations finales de l'énergie et les services énergétiques. Cet effort s'inscrivait déjà dans un programme de normalisation plus important visant à apporter aux différents pays européens des pratiques harmonisées pour atteindre les objectifs de la directive. A savoir les systèmes de management de l'énergie qui ont donné naissance à la norme EN 16001 ainsi que les services d'efficacité énergétique qui ont abouti à la norme EN 15900. Un peu plus tard, sont venues les normes d'audit énergétique qui ont fait l'objet d'une «commande» de la part de la Commission européenne –que l'on appelle « mandat » – pour la norme EN 16247 en cinq parties.

Mesures. Comment est-on passé des normes européennes à la norme ISO 50001?

Catherine Moutet. En 2008, ce sont les Américains qui ont demandé l'inscription du sujet au programme de l'organisation internationale de normalisation (ISO pour International Organization for Standardization ).A cette époque, il y avait de l'instabilité politique dans les pays producteurs de pétrole. On a d'ailleurs connu à ce moment un pic du prix du baril de pétrole. Ce qui a également posé des questions stratégiques sur l'accès à l'énergie. Au plan européen, on a fait le choix de poursuivre le travail de normalisation lié à la directive 2006/32 et de publier la norme EN 16001 de sorte à avoir un document abouti à mettre sur la table de l'ISO. En ce sens, la norme ISO 50001 a été d'inspiration européenne.

Mesures.Comment cette inspiration européenne a-t-elle été accueillie?

Catherine Moutet. Il était d'une importance majeure que le groupe d'experts européens affiche une image soudée devant un tour de table de 50 à 60 pays, avec un scénario rodé au niveau européen dans lequel on avait défini les différentes problématiques, les arguments et les positions communes. A savoir disposer d'une norme basée sur la recherche de la performance énergétique qui s'appuie sur des mesures chiffrées, donc sur du concret. De fait, EN 16001 est une norme qui s'inspirait de pratiques déjà en place dans les pays nordiques, Danemark, Irlande ou encore Suède ou Pays-Bas.Tandis que d'autres pays, en particulier les États-Unis, qui n'avaient pas ce scénario en tête, auraient préféré une norme organisationnelle davantage basée sur des procédures. Par opposition, EN 16001 mettait déjà l'accent sur le suivi de l'efficacité énergétique basée sur la mesure. Conséquence: ISO 50001 est une norme opérationnelle qui ne réclame pas de procédure documentée et dont l'objectif central est bien de fournir aux organismes une méthodologie pragmatique qui vise à améliorer en continu la performance énergétique –celle-ci étant définie comme tout résultat mesurable lié à l'efficacité énergétique,à l'usage énergétique et à la consommation énergétique.

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