«Se développer sur un marché très concurrentiel quand on est une PME française, c'est possible!»

Le 20/03/2017 à 15:00  

Mesures.Pouvez-vous nous présenter le groupe Georges Pernoud?

illes Pernoud. Georges Pernoud est ne société créée en 1971 à Oyonnax Ain), dans la PlasticsVallée,etspéciali-ée dans la conception et la fabrication e moules d'injection plastique. Elle omptait alors une douzaine de salariés. n 1994, suite au décès brutal de mon èreetcréateur de la société, j'ai repris a tête de l'entreprise familiale avec mon rère Philippe. Aujourd'hui, le groupe eorges Pernoud réalise un chiffre 'affaires de 15 millions d'euros et re-roupe quelque 107 salariés (15 sala-iés en 1994). La société adresse essen-iellement le marché de l'automobile, ais également ceux de l'électroména-er et du bâtiment. Elle dispose de trois ites de production à Oyonnax. Nous vons également inauguré en 2005, à ratislava, en Slovaquie, un site qui ompte aujourd'hui 27 personnes et ui s'occupe notamment du service près-vente pour tous nos moules endus en Europe de l'Est. Et en 2013, ous avons ouvert à Detroit, le temple e l'industrie automobile aux États-nis, un bureau commercial qui ompte à ce jour 2 salariés, mais que ous souhaitons étoffer prochainement our développer notre position sur le arché américain. Nous disposons galement d'un bureau d'études en nde pour les projets les plus simples. À e jour, l'export représente 28 % de otre chiffre d'affaires, mais 85% de os ventes sont réalisées à destination e sociétés étrangères. La société est onstituée de quatre entités qui corres-ondent à autant d'activités différentes: eorges Pernoud High-Tech dédié à la onception et à la réalisation d'outil-ges série complexes et à forte cinéma-ique,Georges Pernoud L.C.C consacré la conception et à la réalisation d'outil-ges série à prix maîtrisé, Georges ernoud Services qui prend en charge modification, la réparation et l'entre-ien d'outillages série de toute prove-ance, et enfin Georges Pernoud sinage pour tout ce qui concerne la écanique de précision pour la réalisa-ion de prototypes complexes, de la icroàlamini-série.

Mesures. Dans un secteur, celui des moulistes, où la conjoncture est peu favorable dans notre pays, comment expliquez-vous la forte croissance et la réussite d'une PME française telle que la vôtre au cours de ces vingt dernières années?

Gilles Pernoud. Il faut savoir, effectivement, que la France a perdu 60% de ses moulistes depuis le début des années 2000, ce qui est considérable. Cela à cause d'une forte concurrence étrangère, et plus particulièrement asiatique, avantagée par des coûts de main-d'œuvre particulièrement bas à l'époque. Face à cette tendance de fond, il fallait réagir très vite si nous voulions continuer, et même développer notre activité en France, étant bien entendu que nous ne serions jamais compétitifs en termes de coût de main-d'œuvre face à cette concurrence asiatique. Nous avons alors misé sur l'innovation et l'investissement. Dès l'année 2000, et jusqu'en 2005, nous avons alors entrepris la première phase de notre modernisation avec pour objectif d'accroître notre productivité de 25%. Nous avons alors entamé une automatisation et une robotisation intensive de notre production, ce qui nous a permis de passer aux « trois huit » sans personnel supplémentaire, et ainsi de réduire de 25% le coût de nos produits. La mise en place de cinq cellules robotisées a certes représenté un investissement de départ important, mais qui fut amorti très rapidement compte tenu du gain de productivité apporté.Et pour le contrôle de la production et de ces cellules robotisées en dehors des horaires de travail classiques (nuit, week-end), nous avons mis en œuvre un dispositif très simple, à base d'un module GSM et d'une webcam associés à chaque machine, de manière à prévenir l'opérateur ou le technicien d'astreinte sur son téléphone portable, où qu'il soit, de tout défaut ou dysfonctionnement de la machine, avec la possibilité de visualiser, voire d'identifier et de résoudre le problème à distance via l'Intranet quand cela s'avère possible (par exemple, en tentant une réinitialisation ou un redémarrage de la machine). Si cela ne l'est pas, le technicien se rend sur place pour intervenir. Parallèlement à tout ce développement matériel, nous avons également investi dans différents outils logiciels, notam-ment des outils de CAO et de FAO, mais aussi un logiciel PLM de gestion de cycle de vie des produits et un ERP, afin de numériser les différentes activités de notre entreprise. La combinaison de ces investissements en équipements robotisés et en outils logiciels nous ont permis d'accroître notre productivité de manière significative et ainsi de rester compétitifs en France face à la concurrence asiatique, au point de pouvoir se développer à un bon rythme. Cet effort a d'ailleurs été récompensé en 2013 par le label «Productivez» délivré par le Symop, le Gimelec, le Syntec Numérique et l'Afdel, et qui met en avant des entreprises industrielles ayant investi dans la modernisation de leur outil de production et, ainsi, contribué à l'amélioration de la compétitivité de l'industrie française et au maintien des emplois industriels sur notre territoire.

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