Les caméras infrarouges pour la maintenance

Le 01/10/2015 à 13:30  

L orsque l'on parle de thermographie portable, l'exemple qui vient immédiatement à l'esprit est celui du contrôle d'une armoire électrique et l'identification d'éventuels points chauds à l'intérieur. Mais ce serait restreindre ce marché à la partie émergée d'un iceberg que de se cantonner à ce cas de figure. On utilise en effet des caméras thermographiques portables dans bien d'autres applications et industries: le contrôle de fours ou d'enceintes thermiques, la maintenance générale (pneumatique, hydraulique), la surveillance des machines tournantes en mécanique… « En plus des maintenances électrique et mécanique, la troisième grande application est évidemment le bâtiment et l'efficacité énergétique. Et l'on trouve encore des applications dans les stations d'épuration, l'agroalimentaire, le ferroviaire, etc.», ajoute Marc Albrecht, chef de produits Contrôle et mesures physiques chez Chauvin Arnoux.

S'il y a peu d'acteurs sur lemarchédelathermographie portable, c'est que le ticket d'entrée est très élevé. Les sociétés ont deux manières de faire : soit elles labellisent des produits asiatiques, soit elles assemblent elles-mêmes les différents composants et, dans ce cas, les investissements sont effectivement beaucoup plus élevés.

Ce qui fait dire àThierry Lorioux, gérant de Mesure, Process-Control (MPC), vice-présidentetformateuràl'Associa-tion française de thermographie infrarouge dans le bâtiment, l'industrie et la R&D (Aftib), que « la caméra thermographique portable est un outil indispensable dans la trousse du technicien de maintenance. Son spectre est tellement large dans l'industrie qu'elle est devenue le Metrix de la thermographie.» Dans cet article, nous ne nous intéresserons qu'aux caméras infrarouges mises en œuvre en maintenance industrielle, et non à celle destinées aux applications dans le bâtiment. Comme nous le verrons ultérieurement, les applications demaintenance industrielle imposent des exigences plus importantes aux caméras thermiques portables, en termes de performances notamment (températures plus élevées, matériaux parfois plus difficiles à mesurer), d'où les choix arbitraires parmi l'offre respective de chaque fabricant. « Mais, les produits étant de plus en plus performants, la frontière entre les modèles pour la maintenance et ceux pour le bâtiment est de plus en plus fine. Cette uniformisation se traduit par exemple par une même version T600 pour les deux segments de marché », constate toutefois Eric Biogeaud, responsable des ventes France et Benelux chez Flir Systems. La même tendance est d'ailleurs constatée du côté de l'américain Fluke.

Flu La caméra thermographique portable est devenue un outil indispensable dans la trousse du technicien de maintenance industrielle. Son spectre est tellement large dans l'industrie (inspection d'armoires électriques, contrôle de fours ou d'enceintes thermiques, surveillance des machines tournantes en mécanique, etc.) qu'elle est devenue le Metrix de la thermographie.

La situation actuelle ne reflète pas du tout le marché d'il y a même seulement une quinzaine d'années en arrière. Le marché des caméras infrarouges portables a en effet bien changé. Au lieu d'avoir un certain panel de fournisseurs, les utilisateurs n'avaient déjà qu'un choix (très) limité de fabricants sur le marché français. L'américain Flir Systems trustait le marché à l'époque –la société est toujours le numéro un mondial en imagerie thermique–, sans réelle concurrence. Ce n'est qu'à partir de ce moment que sont ensuite arrivés successivement (mais pas forcément dans cet ordre) l'américain Fluke, l'allemandTesto, le français ChauvinArnoux et plus récemment l'américain Keysight Technologies. « S'il y a peu d'acteurs, c'est que le ticket d'entrée sur ce marché est très élevé. Les sociétés ont deux manières de faire : soit elles labellisent des produits asiatiques ( rebranding ), soit elles assemblent elles-mêmes les différents composants (matrice, optique,électronique) et,dans ce cas,les investissements sont effectivement beaucoup plus élevés», explique Eric Biogeaud.

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