Installer Des Capteurs De Pression En Un Tour De Main… Même Sous Une Cuve

Le 01/02/2013 à 14:00  

L'essentiel

L'usine Danone de Villecomtal-sur-Arros a changé les capteurs de pression pour la mesure de niveau dans des cuves de lait.

Les capteurs devaient bien entendu répondre aux exigences du process

Leur montage et leur programmation devaient être simplifiés

La réduction du nombre de références faisait aussi partie des critères de choix.

Il vous est peut-être déjà arrivé, en dégustant un yaourt aux fruits, de penser à la manière dont il est fabriqué. En fait, ce n'est pas très compliqué comme nous avons pu le constater à l'usine Danone de Villecomtal-sur-Arros (32), qui est le site de production spécialisé dans la fabrication des yaourts brassés aux fruits du groupe français. Son expérience remonte à l'année 1956, date de la création de la laiterie de Villecomtal-sur-Arros par Léonce Salat. Dès 1961, cette dernière, désormais associée à la société Gervais qui fusionnera plus tard avec Danone, produit les premiers yaourts traditionnels éponymes, du beurre et des fromages frais. D'autres produits apparaissent au fil du temps, notamment des desserts sous les marques Dany (en 1937), Danette, Danino (en 1970), Danessa (en 1973) et plus récemment Liégeois,Velouté… Sous l'impulsion d'Alain Frémont qui rachète d'autres sites de production à travers l'Hexagone, la laiterie de Villecomtal-sur-Arros poursuit son développement. En 2000, l'usine devient une entité à part entière du groupe français Danone (1) au sein de Danone Produits Frais France (DPFF). Cette entreprise compte plus de 2500 personnes, cinq sites de production et huit bases logistiques réparties sur le territoire français.

On y produit environ 130 000 t de yaourts par an : du yaourt allégé (Activia Zéro et Taillefine aux fruits) au yaourt crémeux (Bulle de yaourt, Danissimo pour l'exportation, Activia fruits, Recette crémeuse aux fruits).

Cédric Lardière

L'usine Danone de Villecomtal-sur-Arros (32) est le site du groupe français spécialisé dans la fabrication de yaourts brassés aux fruits.

DR

Les marques Danone en produits frais, telles qu'Actimel, Activia, Danette, Jockey, Petit suisse Gervais,Velouté, etc., se positionnent sur trois gammes de produits : yaourts (57%), fromages frais (21%) et desserts lactés (22 %). Le site de Villecomtal-sur-Arros, qui emploie plus de 200 salariés, produit en continu, la semaine et le weekend, environ 130000t de yaourts par an. « Nos produits vont du yaourt allégé (Activia Zéro et Taillefine aux fruits) au yaourt crémeux (Bulle de yaourt, Danissimo pour l'exportation, Activia fruits, Recette crémeuse aux fruits), en passant par Danone et Fruits. Les derniers investissements permettent même d'atteindre une capacité de 180 000 t », indique Sébastien Pérès, responsable Automatisme/ Process sur le site de Villecomtal-sur-Arros de Danone.

Des exigences de process classiques

D'une manière simplifiée, la fabrication de yaourt commence par la collecte du lait auprès des éleveurs de la région puis, une fois arrivé à l'usine, par un prétraitement du lait, à savoir l'écrémage, afin d'obtenir, d'un côté, du lait écrémé à 0% de matière grasse et, de l'autre côté, de la crème. « Le lait à 0 % et la crème sont alors stockés dans huit cuves différentes. Suivent ensuite les étapes de réalisation des différentes recettes de yaourt à partir du lait écrémé,de la crème,de lait concentré et de poudres, qui sont pasteurisés puis ensemencés en cuve avec des ferments lactiques afin d'initier la transformation du lait en yaourt », explique Sébastien Pérès. La production se termine par le mélange du yaourt et des préparations de fruits et le remplissage des pots, suivis d'une mise en barquettes pour l'expédition.

Revenons au stockage du lait à 0% et de la crème dans des cuves d'un volume allant de 25 à 60m 3 .Laconduite du stockage fait intervenir un ensemble d'opérations, dont la mesure des niveaux des cuves lors de la production, les phases de nettoyage en place/stérilisation en place (NEP/SEP). Les cuves, et donc tous les équipements installés dessus, subissent ainsi des pressions en ligne comprises entre 0 à 10 bar, des chocs de température pouvant aller jusqu'à +90°C (solution de nettoyage) puis passer quinze minutes plus tard à + 4°C lorsque le lait recircule. Il est relativement simple de mesurer les pressions en question, avec les niveaux de précision souhaités, du moment que l'on utilise des capteurs affleurant, des raccords de type Clamp, etc.

« Par contre, si aucune mesure de niveau n'est réalisée lors des phases de NEP,les transmetteurs doivent quand même supporter ces chocs thermiques ainsi que les grandes différences de température qui peuvent exister entre le lait et l'air ambiant,les cuves étant situées à l'extérieur. Ces gradients peuvent en plus entraîner la formation de condensation », précise Pierre Faucouneau, responsable Grands comptes chez ifm electronic France. On comprend ainsi aisément que la compensation en température au sein même du capteur de pression est une obligation. En termes de mesure du niveau, une quinzaine de transmetteurs à pression atmosphérique et une trentaine de transmetteurs à pression différentielle (en haut et en pied de cuve) d'un fabricant bien établi dans l'usine et le domaine sont installés.

Cédric Lardière

Un intérêt tout particulier a été porté au montage aisé et à la programmation facile des capteurs de pression pour la mesure de niveau dans des cuves de lait, même lorsque l'opérateur doit se glisser dessous.

Cédric Lardière

« Depuis plusieurs mois,nous avons décidé de changer de fabricant et de remplacer les transmetteurs installés par des modèles du constructeur [allemand] ifm electronic. Ce choix stratégique est la conséquence d'une augmentation du prix des produits du constructeur historique associée à l'apparition de pannes à répétition. Je devais alors faire de plus en plus souvent appel au SAV », constate Sébastien Pérès. Un autre élément déclencheur réside dans les aspects liés à l'utilisation des transmetteurs eux-mêmes. « Une des motivations n'est pas forcément le prix,même si les capteurs PI27xx et PI28xx sont bien placés,car on trouverait des produits asiatiques ou chinois bien moins chers encore. La matrice de programmation devenait en effet de plus en plus complexe : par exemple, je devais entrer dans une liste de menus pour simplement changer un paramètre », poursuit Sébastien Pérès.

Les capteurs de pression PI27xx et PI28xx d'ifm electronic assurent la visualisation du niveau grâce un écran LCD orientable. Un point qui a son importance : certains capteurs sont en effet installés en pied de cuve, dans une zone accessible seulement par une trappe…

Cédric Lardière

La lecture de cet article est payante.
Connectez-vous ou abonnez-vous pour y accéder.

Dans la même rubrique

Copy link
Powered by Social Snap