La Directive Pour Les Équipements Sous Pression Affiche Malgré Tout Un Bilan Positif

Le 01/01/2014 à 14:00  

L'essentiel

Les journées d'étude européennes sur les équipements sous pression Esope 2013 ont été l'occasion de revenir sur les dix années d'application des directives européennes.

Le bilan est globalement positif de par l'intégration réussie des marchés combinée au maintien de hauts niveaux de sécurité par exemple.

Pour résoudre les faiblesses identifiées, l'étude d'évaluation demandée par la Commission européenne propose des pistes de réflexion…

Au début du mois d'octobre 2013, comme tous les trois ans, se sont déroulées les journées d'étude européennes sur les équipements sous pression ( European Symposium on Pressure Equipment ou Esope) dans le cadre de la Cité des sciences et de l'espace à Paris. Organisée par l'Association française des ingénieurs en appareils à pression (Afiap), cet événement a une nouvelle fois réuni tous les acteurs de la profession. Etaient présents, dans la zone d'exposition, des constructeurs d'équipements, des fabricants de solutions de contrôle, tels que Baumer et Olympus, des organismes d'inspection et de certification, des centres techniques à l'image du Cetim pour les industries mécaniques et des utilisateurs au travers notamment de l' American Society of Mechanical Engineers (ASME) Europe et de l'Institut de soudure. Soit au total près de 90 exposants.

Côté visiteurs, les organisateurs ont enregistré une bonne affluence avec des personnes issues d'abord des industries nucléaires et thermiques (31,7 %, selon l'enquête réalisée lors de l'édition 2010), puis de la pétrochimie et des industries d'exploration et de production de pétrole et gaz (25,6 %), ainsi que de la sidérurgie et du soudage (25,6 %). Les entreprises spécialisées dans le travail des métaux (13,4 %), présentes dans les secteurs pharmaceutiques et pétrochimiques (8,5%), ainsi que sur les marchés aéronautiques, automobiles, ferroviaires et navals (8,4 %) sont elles aussi bien représentées. Ce qui a fait la renommée et la réussite de la manifestation est avant tout la qualité des conférences techniques orales et affichées. Cette année, les congressistes ont ainsi pu faire l'état de l'art en termes réglementaires et techniques grâce aux trois sessions en parallèle. Dans le domaine des codes, normes et réglementations, une conférence a présenté les recommandations CODAP Division 3 pour la maintenance des appareils à pression. Parmi les autres conférences techniques, signalons celles faisant le point sur les normes récentes en contrôle non destructif (CND) et la prise en compte des nouvelles techniques, ainsi que sur les spécificités, les dernières évolutions et l'organisation du code RCC-MRx de l'Association française pour les règles de conception, de construction et de surveillance en exploitation des matériels des chaudières électronucléaires (Afcen).

La conception, les matériaux et produits (par exemple, le suivi d'une conduite forcée par émission acoustique, un système de détection de défaut en temps réel-bilan après un an de service par le Cetim et EDF), la fabrication et le soudage, les équipements en service, les inspections et le contrôle des équipements neufs ont également fait l'objet de sessions. Lors de cette dernière session, les congressistes ont pu échanger sur des sujets aussi variés que l'utilisation de méthodes alternatives pour diminuer la gammagraphie haute énergie lors des contrôles des modifications dans le cas des grands carénages d'EDF,le guide Cetim pour l'utilisation de la technologie à ultrasons multiélément pour le contrôle des joints soudés, ou encore la modélisation des CND par ondes ultrasonores guidées (application au contrôle de canalisations), la qualification du personnel et des matériels en CND pour l'évaluation de l'aptitude au service des raffineries et de s unités de fourniture d'énergie…

Optimisation des ESP, formation, nouvelles techniques de contrôle…

Signalons d'ailleurs que les prixAfiap ont été décernés à Hervé Rognon pour sa thèse Comportement en fatigue sous environnement vibratoire , parrainée parTotal, et à Philippe Rohart pour son poster Analyse des modes de défaillance : méthodes de dimensionnement innovantes pour application aux équipements sous pression (ESP) soutenu par EDF, les deux doctorants travaillant au Cetim.Au vu des quelques présentations citées auparavant –les congressistes avaient le choix parmi 57 conférences techniques sans compte les huit sessions plénières et les posters–, les principales préoccupations des industriels du secteur des équipements sous pression peuvent s'articuler autour de trois axes.

Comme tous les trois ans, tous les acteurs dans les domaines des équipements sous pression se sont donné rendez-vous à l'édition 2013 d'Esope. C'est ainsi l'occasion aux utilisateurs, fabricants, centres techniques, etc. de faire le point sur les dernières évolutions techniques et normatives au travers des différentes sessions techniques.

Photos : Cédric Lardière

« Il s'agit des ESP intelligents pour une meilleure installation et exploitation,de la réduction des coûts et des délais de fabrication, grâce notamment à la mise en œuvre de la simulation, et enfin le développement de nouvelles méthodes de contrôle. Cela se traduit par exemple par une collaboration accrue avec les instituts de CEA Tech (Leti, List et Liten) avec qui nous avons signé un partenariat stratégique. Nous ne devons pas nous recroqueviller sur nousmêmes, mais développer des solutions tournées vers le futur », réaffirme Philippe Choderlos de Laclos, président du Cetim. Pour Jean-Claude Company, président de l'Institut de soudure (ISI), « l'ensemble des acteurs doivent également axer leurs actions sur l'amélioration de la disponibilité et des performances des ESP, sans toutefois pénaliser la sécurité. Et il existe un autre volet important, à savoir la formation. »

L'édition 2013 des journées d'étude européennes a par ailleurs été placée sous le thème général du retour d'expérience après plus de dix années d'application des directives européennes sur les équipements sous pression, ainsi que des dispositions appliquées dans les différents pays pour le suivi en service. « Depuis plus d'une dizaine d'années, un cadre européen est en vigueur pour les ESP fixes et transportables avec, pour objectif, d'assurer un haut niveau de sécurité pour les produits et leur libre circulation en Europe », rappelle Jérôme Goellner, chef du service Risques technologiques au bureau de la sécurité des équipements industriels (BSEI) du ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie (MEDDE).

Hans D'Hooge, de l'European Commission DG Enterprise and Industry Unit F.5 Engineering Industries au sein de la Commission européenne : « La Commission européenne a décidé de mener une évaluation sur l'application de la directive pour les équipements sous pression. En plus d'identifier les forces et faiblesses, l'étude propose aussi des recommandations. »

Parmi les autres évolutions majeures, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s'est vue confier le contrôle des organismes réalisant des évaluations de la conformité d'équipements sous pression, ce qui a amélioré la cohérence avec ce qui est fait dans les autres secteurs industriels. A cela s'ajoute le besoin de réaliser des contrôles en service – car ceux faits au niveau de la fabrication ne suffissent plus – et la prise en compte de méthodes alternatives (la technique acoustique peut s'utiliser en remplacement de la méthode hydraulique depuis le 1 er juin 2006, par exemple). A partir de 2010, s'est mis en place un plan de modernisation, à savoir le renouvellement des sites vieillissants (ESP, génie civil, instrumentation…), afin toujours de garantir la sécurité et le contrôle de l'environnement. « Les méthodes de contrôle et de maintenance appliquées aux ESP se sont déployées au-delà de leurs applications traditionnelles. Les industriels mettent en œuvre une approche intégrée des risques, en intégrant aussi les ESP dans leur processus industriel. Et nous sommes par ailleurs tous habitués maintenant à ce que des organismes notifiés réalisent le contrôle des ESP lors de leur fabrication,en lieu et place des interventions directes de l'Etat », ajoute Jérôme Goellner.

Isabelle Griffe, ingénieur divisionnaire de l'industrie et des mines à la direction générale de la prévention des risques au MEDDE : «Si la directive pour les équipements sous pression transportables a été mise en conformité avec le New Legislative Framework, les directives ESP et pour les récipients à pression simple (RPS) sont toujours en cours, comme l'alignement de la directive ESP avec la réglementation CLP.»

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