Les Indicateurs Sont De Plus En Plus Connectés

Le 01/06/2013 à 14:00  

L'essentiel

Elément essentiel d'un système de pesage, les indicateurs bénéficient des “nouvelles” technologies déployées dans les appareils électroniques grand public.

Les fabricants ont fait de gros efforts sur l'ergonomie, via des IHM avec écran tactile, des afficheurs changeant de couleur, des interfaces multilangues…

Les terminaux de pesage intègrent désormais une multitude d'interfaces de communication, pour les bus de terrain, les réseaux Ethernet, les systèmes de supervision.

Lepesage est certes un secteur important dans le panorama industriel français, car il n'y a pas une entreprise qui ne recourt à des pesées à un moment ou un autre de ses procédés. Mais il ne se distingue pas forcément par une frénésie de nouveaux produits contrairement à d'autres secteurs de la mesure. Comme par exemple celui des oscilloscopes numériques portables ou non. Les techniques de mesure du poids sont des méthodes maîtrisées et matures; les fabricants s'appuient plutôt sur les pesons et leur électronique associée pour développer des solutions sur cahier des charges et répondre au mieux aux applications de leurs clients, compte tenu de contraintes mécaniques, économiques, réglementaires, etc.

Preuve qu'il faut toujours se méfier de l'eau qui dort, comme dit le proverbe, ces dix-huit derniers mois ont vu l'introduction sur le marché français d'une ribambelle de nouveaux modèles et de séries d'indicateurs de pesage. Citons les terminaux iDé150, iDé 250, iDL 55 et iDTB 650 du français Arpège Master K (AMK), la série iS de l'allemand Bizerba, les modèles iCS685 et inD890 du groupe américano-suisse Mettler-Toledo, la série i du français Precia Molen et les terminaux de pesage iT6000E et iT6000ET de l'allemand SysTec, distribué en France par A à Z Pesage ( voir notre tableau page 40 ). Pour identifier un point commun à toutes ces introductions, laissons la parole à Frédéric Fossi, Pdg d'AMK: « Lors du salon international InterWeighing,qui s'est déroulé du 22 au 24 avril 2013 à Shanghai, la tendance vers laquelle le marché se dirige porte surtout sur les fonctions périphériques (vidéo, IHM au graphisme plus abouti, écran tactile couleur…). Techniquement parlant, il n'y a rien de nouveau en termes de précision, de pesage proprement dit.»

Ce que confirme d'ailleurs jean-Pierre Motz, directeur commercial industrie de Bizerba France: « On travaille à améliorer la qualité et la fiabilité des mesures autravers de fréquences plus rapides, de l'optimisation des périodes de grande vitesse, selon les corrections de fuite, pour réduire le temps de dosage, de l'amélioration des composants et des cartes électroniques, de configurations multivoies, etc.» Hormis ces évolutions “ naturelles”, les efforts des fabricants ont donc surtout porté sur les interfaces homme-machine (iHM). Ce qui saute aux yeux la première fois que l'on voit l'indicateur de pesage iS70 de Bizerba ou l'inD890 de Mettler-Toledo, c'est la taille de leur écran. Les deux sont disponibles en 15,4 ou 19 pouces, avec des résolutions de 1280x1024 pixels (SXGA) pour le premier ou de 1366x788 pixels pour le second.

Des écrans plus grands et tactiles

« Cela change des écrans de nos modèles précédents avec plate-forme, introduits il y a un déjà une dizaine d'années. Nous sommes en effet passés d'écrans assez basiques sur lesquels on voyait les “8” à des écrans multipoints qui permettent d'afficher beaucoup plus d'informations (le poids et, maintenant, des icônes, le changement de couleur, des statistiques…), à des prix raisonnables », explique LudovicTalleux, chef de produits standard et Cargoscan au sein de la division industrie de Mettler-Toledo France. On constate également l'utilisation de plus en plus répandue des écrans tactiles. Pour Fabrice Hervé, responsable de l'agence de Lorient d'A à Z Pesage, « il faut maintenant avoir au moins un indicateur à écran tactile dans sa gamme. C'est une évolution que nous constatons, la technologie étant ancrée dans les habitudes. Et elle le restera car on ne parle pas ici d'effet de mode.»

Près d'une quinzaine de modèles ont été introduits ces dix-huit derniers mois sur le marché français par les principaux fabricants d'indicateurs de pesage. Leur point commun ? Ils intègrent tous des fonctions périphériques (vidéo, IHM au graphisme plus abouti, écran tactile couleur…) et des interfaces de communication supplémentaires.

Mettler-Toledo

La société y voit par ailleurs une simplification des procédés de fabrication, orientation vers laquelle les fabricants tendent depuis de nombreuses années. « En plus de disposer d'un seul modèle d'écran tactile pour différents indicateurs de pesage, un Panel PC de notre partenaire chinois peut être moins cher qu'un clavier chez certains fabricants de terminaux de pesage », ajoute Fabrice Hervé. indépendamment de ces considérations économiques, les écrans tactiles ont encore une certaine image de fragilité, surtout dans le monde industriel, image qu'il est difficile de faire changer du jour au lendemain. La situation évolue néanmoins grâce à l'usage devenu banalisé des smart-phones, des tablettes numériques et autres appareils électroniques mobiles grand public et grâce aussi à l'arrivée de la nouvelle génération d'opérateurs et de techniciens, des jeunes qui ont baigné tout petits dans un monde hyperconnecté.

Mais un écran tactile n'est pas forcément toujours utilisé à bon escient. Pour les afficheurs de 6 pouces ou moins de diagonale, la présence d'un clavier virtuel peut être plus gênante qu'autre chose en termes de visualisation et d'ergonomie. « Un écran tactile n'apporte bien souvent rien de plus pour l'utilisateur, sauf un risque plus élevé de pannes – cela reste un “objet technologique”. Sa mise en œuvre n'est donc pas toujours justifiée, comme j'ai pu le constater dans des carrières [cela peut être aussi dans un abattoir, un lieu nettoyé par jets d'eau ou avec la présence de mousses agressives, nDLR]. Il ne s'agit pas de confondre effet de mode, sous-entendu une demande qui va se démoder dans le temps (un gadget),et réelle amélioration de l'électronique, des écrans », explique Frédéric Fossi (Arpège Master K) qui soulève d'ailleurs un autre point.

il apparaît une dichotomie encore plus forte entre le temps d'homologation, de l'ordre de six mois au moins et qui a tendance à s'allonger, et le time-to-market , six mois étant la durée de vie d'une génération d'iHM… C'est d'ailleurs, entre autres, ce qui explique le choix d'Arpège Master K pour son modèle iDTB650 de concevoir une plate-forme dissociant la partie électronique et affichage de celle de la mesure proprement dite.Au lieu d'avoir, comme auparavant, un indicateur gérant l'acquisition, le traitement de données et l'affichage, le fabricant peut d'un côté développer et faire certifier une carte de pesage propriétaire, sachant que les procédures de certification peuvent durer des années, et de l'autre côté bénéficier des évolutions bien plus rapides des iHM et des PC industriels. il est d'ailleurs possible de moduler plus facilement le nombre de voies, de une à quatre voies physiques, via trois cartes filles, plus des voies numériques ou analogiques. La sommation des voies se fait alors d'une manière transparente, d'où l'homologation sur huit voies (quatre voies physiques et quatre voies de sommation).

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